New Deal mobile : les opérateurs sont en retard, le régulateur attend plus

New Deal mobile : les opérateurs sont en retard, le régulateur attend plus

Pour remplir leur objectif de 485 sites 4G activés d’ici le 27 juin prochain dans le cadre du dispositif de couverture ciblée, les opérateurs devront donner plus qu’un coup de collier.

Dans le cadre du New Deal, accord trouvé entre l’Etat et les opérateurs en janvier 2018, Orange, Free, SFR et Bouygues ont pour obligation de construire 5000 nouveaux sites chacun dont 2000 installés en zones blanches en RAN sharing, à quatre donc d’ici fin 2022. Objectif, améliorer de manière localisée et significative la couverture 4G de zones rurales dans lesquelles un besoin d’aménagement numérique du territoire a été identifié par les collectivités et le gouvernement.

161 sites activés sur 485 

Après avoir dévoilé une première liste de 600 sites en 2018, puis une seconde de 762 en 2019, l’Etat a récemment publié un arrêté listant 484 nouveaux supports portant à 1845 le nombre de sites identifiés. L’objectif pour les opérateurs est d’avoir couvert 485 d’entre eux en en 4G d’ici le 27 juin prochain. Le temps presse et le retard est incontestable actuellement à en croire la nouvelle mise à jour du tableau de bord de l’Arcep. Fin mai, seulement 161 sites ont été activés, il en manquait alors 324 pour atteindre l’objectif. Il fallait s’en douter, “la crise sanitaire a partiellement impacté les déploiements du 1er trimestre 2020 et son effet sera vraisemblablement plus marqué au 2e trimestre”, explique le régulateur. Aujourd’hui, la police des télécoms attend des opérateurs “une reprise rapide du rythme des déploiements, afin de concrétiser les ambitions du New Deal mobile”.

De nombreux sites sont actuellement en construction (une étape précédée par la recherche du terrain, l’obtention des autorisations, les études techniques), ainsi de nombre de mises en service devrait toutefois augmenter dans les prochains mois. Au total 93 supports avaient été activés fin mars contre 26 en décembre dernier. D’après la Fédération française des télécoms, 151 autres sites était déjà prêts à être allumés en avril. L’Arcep fera prochainement le point sur le respect des engagements des telcos mais pour le moment le compte n’y est pas.

Les opérateurs approchent les 90% de sites équipés en 4G

Dans le cadre du New Deal, les opérateurs se sont également engagés à migrer en 4G, la quasi-totalité de leurs sites mobiles existants d’ici fin 2020, exception faite aux sites du programme « zones blanches centres-bourgs » existants au 1er juillet 2018, lesquels devront être équipés en 4G à 75% d’ici fin 2020 et 100% d’ici fin 2022. Pour l’heure, chez Bouygues Telecom et Free, 89 % des sites déployés étaient équipés en 4G au 31 mars soit un gain de 2 points pour les deux rivaux. Orange et SFR sont en embuscade avec 88%. Il faudra là aussi mettre les bouchées doubles pour entrer dans les clous.

A la tenue de ces engagements lourds en investissement (3 milliards d’euros) pour les opérateurs, le gouvernement y croît dur comme fer. Néanmoins, “s’ils ne tiennent pas les délais, ils subiront des amendes de l’Arcep. À nouveau, il n’y aura aucune complaisance”, a prévenu le 11 mars dernier, Julien Denormandie Ministre de la Ville et du Logement. Se pose malgré tout la question de la tenue du calendrier eu égard à la diminution du rythme de production de sites mobiles pendant la crise. Pour l’Arcep, c’est une évidence, « il n’est pas anormal que la période correspondant au confinement soit gelée et que l’on décale d’autant tous les calendriers », a expliqué en avril Sébastien Soriano. Reste à savoir qu’elle décision prendra le régulateur et si les opérateurs ont joué le jeu.