5G : attention à la fausse vidéo tentant de prouver un lien avec le coronavirus

5G : attention à la fausse vidéo tentant de prouver un lien avec le coronavirus

Alors que certains complotistes font le lien entre la 5G et le coronavirus, une vidéo partagée sur les réseaux sociaux vient mettre de l’huile sur le feu.

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter et YouTube, une personne munie d’un casque et d’un masque se filme à côté d’un pylône. Il se présente comme un installateur d’antennes 5G travaillant durant le confinement et montre une carte électronique comportant une étiquette dans le coin supérieur gauche où est inscrit “Cov-19”. De quoi alimenter les théories complotistes des anti-5G qui évoquent des risques sanitaires et font le lien entre la 5G et l’épidémie de coronavirus. 

Interrogé par le site 20 minutes, Gilles Brégant, président de l’ANFR, le gendarme des ondes en France, a donné quelques indices montrant que l’on est en présence d’une fausse vidéo. “Ce pylône n’est pas spécifique de la 5G”, indique-t-il. Selon lui, “il s’agit d’un pylône multi-usages (NDLR : téléphonie, télévision et radio) qui n’a pas été édifié pour la téléphonie mobile, car si c’était le cas, les antennes seraient au sommet” indique-t-il.

Gilles Brégant rappelle par ailleurs qu’“Il existe deux types d’antennes 5G : les antennes MIMO, celles qui vont être utilisées avec la bande 3,5 GHz et au-dessus, et les antennes classiques, utilisées dans les bandes de 2G à 5G, qui peuvent devenir 5G un jour mais qui ne nécessitent pas forcément de changement d’antenne”. Or, “il n’y a rien, sur le pylône, qui correspond aux boîtiers MIMO, plus volumineux”, note-t-il.

Gilles Brégant note outre cela le souci avec la carte électronique qui a l’air extraite d’un appareil grand public et ancienne du fait de la faible densité de ses composants. Et d’ajouter “que sa forme n’est absolument pas compatible avec les baies des stations de base mobiles, qui elles sont beaucoup plus larges”.

Concernant enfin la dénomination Covid-19, celle-ci est utilisée par l’OMS depuis février 2020, ce qui rend son utilisation impossible sur une carte électronique actuelle. En effet, le cycle de design et de production d’une carte électronique est de l’ordre de 12 à 18 mois. Sans compter qu’il semble absurde d’afficher en gros la mention, si le but était effectivement de cacher quelque chose au grand public.

Source : 20 minutes