En pleine crise, les collectivités réclament un plan global “pour garantir la résilience numérique de la France”

En pleine crise, les collectivités réclament un plan global “pour garantir la résilience numérique de la France”

Pas moins de huit associations de collectivités demandent un plan global pour assurer la reprise rapide du déploiement des réseaux télécoms et pour développer les usages du numériques en France.

Le déploiement des réseaux tant fibre que mobile a été impacté par l’épidémie du Coronavirus et dans le cas du déploiement FttH, la catastrophe a été évitée de justesse. Cependant, plusieurs associations de collectivités locales dont l’AVICCA, l’Association des Maires de France et l’assemblée des départements de France demandent au gouvernement d’établir un plan global pour assurer la “résilience numérique” de la France, alors que le déconfinement se profile.

Après une période difficile pour les réseaux, il faut relancer la machine

Dans un courrier adressé à la ministre de la Cohésion territoriale, ces huit associations de collectivités ont à nouveau pointé du doigt le retard que pourrait entraîner la crise sanitaire concernant les objectifs de déploiement de la fibre (bon haut débit pour 2020, THD pour 2022 et Fibre généralisée en 2025 rappelle-t-elle). Côté mobile, “2020 devait être l’année où, malgré les besoins supplémentaires qu’il révélait, le New Deal dans le mobile devait faire sentir ses premiers effets tangibles“, notamment avec une accélération de la migration des sites 2 et 3G vers la 4G.

Pour pouvoir relancer le déploiement et assurer “une couverture numérique assurant un bon débit pour tous“, un plan global est jugé nécessaire par ces collectivités qui appellent l’Etat à les accompagner. Il faudra également soutenir le secteur des télécoms “dans une accélération inédite des constructions d’infrastructures“. Pour ce qui concerne le déploiement de la fibre, ces associations demandent à ce que soit engagée “la réouverture du Plan France THD avec l’intégralité des crédits attendus, soit 680 millions d’€ supplémentaires a minima“. Une demande qui fait écho à celle de la filière à la fin du mois d’avril, qui a appelé l’Etat à débloquer une enveloppe de 650 millions d’euros pour finir de fibrer la France. Cette enveloppe, explique la lettre des collectivités, “devra être étudiée au regard de la situation financière des collectivités, du renchérissement des coûts de déploiement lié aux mesures sanitaires et du nombre de prises à déployer plus élevé qu’attendu“.

Une autre réévaluation “doit être immédiatement lancée” concernant les besoins en couverture mobile, notamment dans les zones où l’on ne peut pas bénéficier d’un bon accès fixe. A cet égard, le gendarme des télécoms avait déjà demandé aux opérateurs de “donner un coup de collier le mois dernier concernant le déploiement des sites 4G dans les campagnes.

Le confinement a montré plusieurs failles

En plus de ces efforts concernant le déploiement des réseaux, les collectivités pointent du doigt plusieurs exemples de problèmes dans l’aménagement numérique en France qu’a mis en lumière la crise sanitaire, notamment concernant le télétravail et l’enseignement à distance : “les populations urbaines parties se confiner en zone rurale où elles ont découvert le quotidien qui y est vécu : accès aux réseaux fixes et mobiles défaillant, coupures d’accès, réseaux haut-débit inadaptés…“.

Du côté des professionnels, la faible digitalisation des petites structures (PME, TPE etc…) a empêché de nombreuses entreprises de modifier “rapidement et efficacement leurs circuits d’approvisionnement, de distribution et d’accès à leur clientèle/patientèle“. Dans le communiqué de ces huit associations, le souci est imputé en grande partie au manque de dynamisme du marché professionnel des télécoms.

C’est pourquoi le plan global réclamé par les collectivités doit également compter un effort du même acabit sur le “développement des usages et d’une culture numérique pour le plus grand nombre, avec une aide à l’équipement des familles, la lutte contre l’illectronisme, la simplification des procédures, une dématérialisation rationnalisée des actes administratifs …“. Un effort conjoint pour lequel les collectivités territoriales représenteraient un atout pour “garantir la résilience numérique de la France“.