Couverture 4G en France: malgré des progrès notables, Orange, Bouygues, SFR et Free ont encore du pain sur la planche

Couverture 4G en France: malgré des progrès notables, Orange, Bouygues, SFR et Free ont encore du pain sur la planche

La couverture mobile en France a bien progressé au cours de l’année 2019 et les opérateurs sont de plus en plus proches des objectifs du New Deal Mobile. Cependant, la “lenteur” de ces derniers pour couvrir les zones blanches inquiète une députée.

Plusieurs engagements ont été pris par les opérateurs en 2018 dans le cadre du New Deal. Ils s’en approchent notamment au niveau de la couverture où les opérateurs ont promis d’offrir un service de très haut débit mobile sur l’ensemble de leurs réseaux d’ici à fin 2019. Quelques exceptions ont été faites pour certaines zones rurales, ou en montagne, où l’objectif est de 75% de couverture en 2020 et de 100% en 2022.

Des progrès salués

Pour cela, il faut bien sûr équiper en 4G tous les sites existants fonctionnant uniquement en 2G ou 3G. A la fin du mois de décembre 2019, les opérateurs ont activés 5.100 pylônes dans le cadre du New Deal. La députée Laure de Raudière a rendu public un rapport d’étape sur la couverture mobile du territoire à l’Assemblée Nationale et a ainsi félicité les opérateurs pour “les progrès” réalisés. Le tableau de bord de l’Arcep indique quant à lui qu’à la fin du troisième trimestre 2019, Bouygues Telecom possédait 85% de des équipements en 4G, 84% pour SFR et 83% chez Orange et Free Mobile.

Bouygues Telecom, Orange et SFR couvrent 99% de la population en 4G d’après l’Arcep, Free quant à lui est un peu derrière avec 95%, ce qui s’explique par un nombre de sites moins conséquents. Toujours au crédit des opérateurs, Laure de Raudière salue la montée en débit en 2019, y compris en zone rurale : “Toutes zones confondues, ils atteignent en moyenne 45Mb/s fin 2019, contre 30 Mb/s en 2018” soit une progression de 50% sur l’année.

Les zones blanches, l’ombre au tableau pour les opérateurs

Le New Deal avait pour but également de réduire les inégalités de couverture entre les grandes villes et les zones rurales. Les élus locaux situés en zone blanche, soit là où aucun opérateur n’est présent, peuvent se signaler et, une fois la zone identifiée, les opérateurs doivent y installer des antennes relais sous 12 à 24 mois.

Cependant, il y a un hic. L’Arcep a répertorié 1374 sites dans ce cas identifiés par le gouvernement , pour seulement 4 sites mis en service par Bouygues Telecom, Orange, SFR ou Free. La députée juge ces résultats “insuffisants“, même si l’Arcep indique que 482 de ces sites doivent être mis en service dans les 6 prochains mois, et 888 sous 24 mois. La députée enjoint les acteurs du marché à “redoubler d’efforts“, martelant que les délais mis en place sont une ” borne maximale et non une indication de rythme “.

Cependant, ce retard peut avoir plusieurs causes, et parfois, c’est les habitants eux-mêmes qui en sont responsables. En effet, les opérateurs sont parfois confrontés à un collectif s’opposant à l’installation d’une antenne-relais dans leur commune, bloquant complètement l’opérateur qui est parfois confronté à des procédures judiciaires. Les risques évoqués concernent souvent la pollution visuelle et les craintes concernant l’impact des ondes sur la santé pour les riverains.

La partie se complique même à l’approche des élections municipales. En effet, un opérateur expliquait en décembre dernier qu’ “à l’approche des élections municipales, il y a de plus en plus de blocages de ce type. Les maires ne veulent pas s’aliéner une partie de leurs électeurs“. Cette opposition donnait notamment un délai très important en France pour l’installation d’un site : en moyenne, trente-six mois sont nécessaires dans l’hexagone, contre 4 à 6 en Allemagne.

Source : Ariase