Fibre optique : face au ras-le-bol et aux galères des abonnés, les opérateurs en prennent pour leur grade

Fibre optique : face au ras-le-bol et aux galères des abonnés, les opérateurs en prennent pour leur grade

Alors que leurs voisins encore en ADSL bénéficient d’une connexion stable, ces habitants qui se réjouissaient d’être passés à la fibre en 2020 enchaînent les galères et prennent à parti les opérateurs.

En galère depuis 2020, les riverains avaient des choses à dire aux opérateurs. Les résidents d’une copropriété de villas dans le quartier de la gare à Meyzieu enchaînent les problèmes, allant d’un réseau trop peu performant, techniciens débranchant des abonnés pour installer leurs propres connexion ou encore des actes de vandalismes, alors que leurs voisins encore sur le réseau cuivre ne rencontrent aucun souci. Ces habitants pour qui la connexion est instable ont ainsi pu se réunir avec deux cents autres habitants de la commune et de Saint-Priest dans une réunion d’information et d’échange avec SFR, Bouygues, Orange et Free ainsi que XP-Fibre, l’opérateur d’infrastructure.

Se décrivant comme “usés et à bout de nerfs”, la réunion organisée par les deux municipalités a ainsi permis l’émergence de témoignages plutôt nombreux, allant d’une personne qui se retrouvait incapable de télétravailler à une mère s’inquiétant pour son fils étudiant incapable de travailler ses cours à la maison, sans oublier des rencontres avec les techniciens ne se déroulant pas forcément bien. Un habitant dénonce ainsi « des armoires de rues ouvertes au vent, des fils de spaghettis et un technicien qui sans vergogne m’a demandé de l’argent pour me reconnecter au réseau » et une autre « seize rendez-vous depuis octobre avec des techniciens incompétents ». « Avec internet, vous nous avez créé un besoin. Aujourd’hui, nous en sommes privés. C’est inadmissible et injuste ! » déplore un autre.

Ces habitants étaient également à la recherche d’explications, et les propos du délégué régional centre-est du groupe Altice n’ont pas vraiment fait mouche.  “On s’en fout de savoir qu’ils sont allés trop vite pour déployer le réseau et qu’ils sont obligés de le reprendre entièrement. Ils peuvent bien mettre des caméras sur leurs armoires, surveiller de près leurs techniciens incompétents, ce que je veux moi c’est retrouver mon accès internet et que mon opérateur me rembourse tous ces mois perdus” s’est agacé l’un des habitants. Et plusieurs participants ont quitté promptement la réunion. Le représentant d’Altice (SFR et XP-Fibre), a expliqué que 89 points de mutualisation étaient à reprendre sur les deux villes concernées et que les travaux s’effectueraient par quartiers, avec un risque que les problèmes persistent durant le chantier.

Si XP-Fibre en a pris pour son grade, les opérateurs commerciaux ont du également tenter de calmer le jeu et se sont engagés, sous la pression des riverains et des élus, à tenir des permanences chaque mois jusqu’à la fin des travaux prévus à la fin d’année. Le but étant d’étudier chaque cas précisément. Durant la réunion, Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom avaient également mis en place des stands pour expliquer les modalités de compensations.

Chez les élus aussi, l’agacement se fait ressentir : les municipalités se sont emparées du dossier en affirmant que XP-Fibre n’avait pas été un choix de leur part, mais un prestataire imposé par l’État, ce qui expliquerait pourquoi Saint-Priest et Meyzieu sont les deux seules communes de la Métropole à être sous la houlette d’Altice et non d’Orange. De plus en plus de commune font part de leur mécontentement face au déploiement de la fibre lorsqu’il cause des problèmes. Si l’Arcep, et de nombreuses associations comme l’Avicca sont déjà montées au créneau, les solutions privilégiées comme les contrats Stoc-2 et CRI Stoc tardent à porter leur fruit.

Source : Est Lyonnais