Emmanuel Macron souhaite supprimer la très discutée redevance TV en cas de réélection

Emmanuel Macron souhaite supprimer la très discutée redevance TV en cas de réélection

Le serpent de mer n’a toujours pas vu sa tête tranchée. Dossier épineux sur lequel de nombreux gouvernements se sont penchés, la redevance TV sera finalement supprimée si Emmanuel Macron rempile pour un second mandat. Et c’est lui qui le dit.

138€ en moins à payer par les Français annuellement, c’est l’une des premières promesses électorales d’Emmanuel Macron. Lors de sa première sortie publique hier à Poissy en tant que candidat à la présidentielle, le chef de l’Etat a ainsi affirmé vouloir « supprimer les impôts qui restent, la redevance TV en fait partie ». Selon lui, cette suppression est « cohérente avec celle de la taxe d’habitation”, l’une des mesures de sa campagne en 2017, menée depuis à bien.

La contribution à l’audiovisuel public, anciennement appelée redevance audiovisuelle ou télé, est une taxe liée à la possession d’un poste de télévision. Celle-ci sert à financer France Télévisions, Arte-France, Radio-France, RFO, RFI, ou encore l’Institut national de l’audiovisuel. D’un montant de 138€ par an en France métropolitaine et de 88€ dans les DOM, elle est reversée aux partenaires audiovisuels par l’administration fiscale après paiement par le redevable.

Du côté des autres candidats, Valérie Pécresse (LR), Marine Le Pen (RN) et Éric Zemmour (Reconquêtes) ont fait également part de leur souhait de supprimer la redevance, certains proposant même une privatisation totale ou partielle des médias publics, ce que n’a pas l’intention de faire Emmanuel Macron.

Cette volonté de mettre fin à cette taxe suscite déjà quelques oppositions franches. Le sénateur PS de Paris, David Assouline, a par exemple déclaré en réaction : « Supprimer la redevance TV qui est un lien entre les citoyens et le service public de l’audiovisuel lui permettant un financement direct, pérenne et potentiellement non soumis à la volonté gouvernementale du moment, serait grave pour son indépendance ».

Quand d’autres tiennent à rappeler l’importance de la redevance pour l’audiovisuel public, en matière d’information France, de production et financement de fictions,  documentaires, divertissements, mais aussi du cinéma français en clair. Mais c’est bien au final, le portefeuille des Français qui en sortira gagnant. Cette contribution rapporte chaque année 3 milliards d’euros dont environ 66% reviennent aux médias de service public.

En octobre dernier, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a annoncé “un travail d’analyse technique approfondi” d’ici à 2022 pour établir un réel scénario de refonte de la redevance, ainsi qu’une mission confiée à l’IGAC. Un groupe de travail avait également été lancé il y a un an et un rapport interministériel sur le sujet devait être rendu au printemps 2020 mais n’a jamais refait surface. Emmanuel Macron a finalement tranché.