Clin d’oeil : un père de famille radical prive une commune de réseau mobile

Clin d’oeil : un père de famille radical prive une commune de réseau mobile

Des ondes brouillées toutes les nuits dans une commune, pour une raison somme toute assez triviale…

Une solution radicale pour éviter les nuits blanches sur les réseaux sociaux ou les jeux. L’ANFR a en effet été confrontée à une situation assez particulière, où un opérateur de téléphonie mobile l’alertait sur un brouillage affectant toutes les bandes de fréquences mobiles sur la commune de Messanges dans les Landes. Une situation qui pourrait s’avérer normale et causée par n’importe quel incident, mais un détail a retenu l’attention des enquêteurs : le brouillage ne se produisait que la nuit, entre minuit et trois heures du matin, tous les jours.

Déterminé à trouver la source du problème, le Service régional de Toulouse de l’ANFR s’est alors posté la nuit, près du site radio touché pour analyser les perturbations possibles. A minuit, les capteurs s’affolent et le signal caractéristique d’un brouilleur matériel apparaît sur l’écran de l’expert, alors que ce type d’appareil est illégal en France. Il reste encore à trouver le brouilleur et celui qui l’active. A 1h30 du matin, c’est chose faite, l’agent a trouvé la maison d’ou provient le signal, mais ne peut pas sonner aussi tard sans être accompagné d’un officier de police judiciaire.

Après une nuit de repos, la chasse reprend pour confronter l’utilisateur du brouilleur qui… reconnaît pleinement les faits. Il explique en effet avoir acheté ce brouilleur sur internet, capable de neutraliser tant la téléphonie mobile que le WiFi, qui était prévu pour un usage particulier.

Brouilleur saisi chez le particulier – source : ANFR

En effet, ce père de famille avait choisi cette solution radicale (et surtout illégale) pour… empêcher ses ados d’accéder à internet avec leur smartphone au lieu de dormir. D’où le brouillage démarrant aux alentours de minuit et s’arrêtant à trois heures du matin. Une décision motivée notamment par une consultation des forums sur internet, qui lui a fait penser qu’il s’agissait de la meilleure option.

Le problème, outre la nature illégale de l’objet, était que l’équipement était assez puissant pour couper la connexion mobile chez lui, mais aussi chez ses voisins et même sur l’ensemble de la commune et une partie du village voisin. Une fois l’affaire élucidée, l’opérateur s’étant plaint des perturbations a confirmé que le problème était résolu. Quant au papa un peu trop zélé, son contrôle parental de l’extrême lui fait risquer des poursuites judiciaires : la possession et l’utilisation illicites d’un brouilleur étant l’une et l’autre soumises à une sanction pénale allant jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. L’agent de l’ANFR, en plus d’exiger qu’il éteigne le brouilleur et ne l’utilise plus, a rappelé le cadre réglementaire au propriétaire de l’équipement. Celui-ci a également dû s’acquitter d’une taxe d’intervention de 450 euros. Il aurait peut être dû laisser ses ados traîner un peu sur TikTok, ou opter pour une solution plus simple comme la confiscation des smartphones, par exemple.