Stéphane Richard démissionne, qui pourrait prendre sa succession à la tête d’Orange ?

Stéphane Richard démissionne, qui pourrait prendre sa succession à la tête d’Orange ?

Au lendemain de l’annonce de la démission de Stéphane Richard, Orange doit se pencher sur la liste des remplaçants potentiels de son PDG.

Du sang neuf ou un dirigeant déjà bien installé ? Remplacer son président directeur général n’est pas chose aisée et l’opérateur historique s’est donné deux mois pour trouver un successeur ayant les épaules de reprendre les rênes d’un des acteurs majeurs des télécoms européens. Le conseil d’administration d’Orange a annoncé mercredi dernier la décision de Stéphane Richard de quitter Orange le 31 janvier prochain, suite à sa condamnation dans l’affaire Tapie. Alors que le plan initial était de conserver Stéphane Richard à la fin de son mandat en 2022, plusieurs questions se posent alors concernant la future gouvernance de l’opérateur historique.

La première est sur la table depuis quelques mois et semble être tranchée : la dissociation des fonctions de président et de directeur général.  Stéphane Richard expliquait en septembre dernier que “la gouvernance des grands groupes, en particulier ceux cotés enBourse, s’est complexifiée depuis quelques années. Assurer la présidence du conseil est une fonction qui me prend de plus en plus de temps.” Et d’ajouter que cette dissociation déjà observée ailleurs “est une bonne chose, si le tandem fonctionne.”. Il faudra alors trouver non pas une seule personne à la tête de l’opérateur, mais deux.

Entre recrutement interne ou sang neuf, le choix devra être fait

Orange entend donc auditionner les candidats potentiels pour prendre le relais dans les prochaines semaines. Sébastien Crozier, président du premier syndicat du groupe, explique être “plutôt favorable à des acteurs externes à l’entreprise pour apporter du sang neuf, une vision qui permette d’avoir des profils techniques“. “Il faut forcément quelqu’un qui ait (aussi) une dimension internationale, où le groupe réalise une grande partie de son activité. Il n’y a pas beaucoup de profils en interne qui cochent les deux cases” explique-t-il.

Certains grand noms ont déjà été évoqué concernant un possible recrutement externe pour les fonctions de directeur général, avec la particularité d’être tous déjà passés chez Orange dans leur carrière. C’est le cas notamment de Nicolas Dufourcq, actuellement directeur de la banque publique d’investissement Bpifrance, mais aussi de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions. Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour serait également envisagé pour prendre la succession de Stéphane Richard.

En interne, le directeur général délégué d’Orange Ramon Fernandez et Fabienne Dulac, la PDG d’Orange France ont été envisagés, ainsi que le directeur de l’innovation Michaël Trabbia ou encore Jean-François Fallacher, le dirigeant d’Orange Espagne. Chacun devrait alors faire face à plusieurs défis, et du point de vue de Fréderic Pelletier, secrétaire fédéral de la CFDT chez Orange, la balance penche en faveur “d’un des administrateurs actuels. On a compris que la volonté n’était pas de faire un intérim“.

Quant à la problématique de la présidence, le choix peut être un peu plus simple. Un dirigeant en fin de carrière et s’y connaissant dans le secteur technologique avec une bonne capacité de représentation du groupe à l’extérieur serait apprécié, ainsi qu’une bonne dynamique avec le nouveau directeur général. Cette dynamique est déjà présente dans plusieurs groupes dont l’état est actionnaire, comme c’est le cas chez Renault ou Engie.

Les enjeux du prochain tandem, c’est d’abord une stratégie de conquête parce que la politique financière de versement du dividende, d’absence de prise de risque, est quand même usante pour l’entreprise“, prévient Sébastien Crozier. Sans compter l’évolution des réseaux, avec le déploiement de la 5G et l’objectif du 100% fibre en 2025, ou encore le démantèlement du réseau cuivre. Le choix du duo n’est donc pas à prendre à la légère.

Source : AFP et Les Echos