Orange, Free, SFR et Bouygues “subissent un niveau de taxation vingt-cinq fois supérieur à celui des géants de l’Internet”

Orange, Free, SFR et Bouygues “subissent un niveau de taxation vingt-cinq fois supérieur à celui des géants de l’Internet”

Arthur Dreyfuss, président de la Fédération Française des Télécoms déplore, la taxation subie par les opérateurs, bien trop importante pour faire face à Apple, Facebook, Google et consorts…

Pour une concurrence plus équitable. Dans une interview accordée à L’Opinion, le président de la FFT explique que la taxation des opérateurs doit être revue, pour pouvoir faire face aux géants de l’Internet.

Le G7 a voté en début de mois un accord pour garantir un taux d’imposition des multinationales plus élevé, notamment les géants du numérique. Les bénéfices de ces entreprises seraient ainsi taxés a minima à 15%. Si la réforme fiscale doit encore être validée par le G20, l’initiative est saluée par Arthur Dreyfuss, qui déplore la différence de taxation entre les opérateurs français et les géants américains.

Pour Orange, Free, SFR et Bouygues, un investissement de 1€ dans le secteur des infrastructures “génère 6 euros de PIB pour le pays” explique Arthur Dreyfuss. Cependant, sur cette somme générée, “3€ de prélèvements obligatoires sont payés par les opérateurs”  détaille-t-il.  Face aux géants américains, les opérateurs “subissent un niveau de taxation vingt-cinq fois supérieur“. Le tout alors que les telcos doivent justement “être suffisamment solides pour jouer dans la même cour que les plateformes américaines qui sont à la fois des concurrents, des partenaires et des clients.

Changer d’ère, un “enjeu européen”

Une partie de la valeur du numérique est déjà “accaparée par les plateformes étrangères du secteur“. Et il ne s’agit pas que d’un problème européen : “que l’on soit à Paris, Berlin ou Lisbonne, certains soirs, 80% de la bande passante mise à disposition grâce aux investissements massifs dans les réseaux, est utilisée par Google avec YouTube, Netflix et Facebook. Nous devons changer d’ère.” assène le président de la FFT. Il explique ainsi qu’il faut revoir les calculs pour l’ensemble des acteurs, à l’heure où les déploiement massifs ne sont plus autant d’actualité que les usages massifs du numérique.

Ainsi, les diverses initiatives françaises et européennes visant à taxer les géants du numérique sonnent comme une prise de conscience de “l’absolue nécessité d’avoir une concurrence équitable” pour Arthur Dreyfuss.