Bon débit Internet en France : la fédération InfraNum craint de plus en plus d’oubliés et tire la sonnette d’alarme

Bon débit Internet en France : la fédération InfraNum craint de plus en plus d’oubliés et tire la sonnette d’alarme

La fédération InfraNum, ex-FIRIP, craint que la fracture numérique ne se creuse en France et invite ainsi l’ARCEP à prolonger son guichet THD radio jusqu’en 2020.

Pour le déploiement du très haut débit en France, le gouvernement et le régulateur des télécoms comptent sur la fibre optique, mais également sur les solutions basées sur les ondes radio. La combinaison permet de ne pas laisser de côté les zones les plus isolées. Voilà pourquoi un guichet THD radio a été ouvert en janvier 2018, afin d’identifier et accompagner les acteurs susceptibles de proposer et mettre en place les solutions adéquates.

La fédération InfraNum, qui regroupe plus de 200 entreprises représentatives de l’ensemble des métiers de la filière des Infrastructures du numérique (bureaux d’études, opérateurs, intégrateurs, équipementiers, fournisseurs de services, etc.), a lancé un observatoire afin d’évaluer la situation du très haut débit en France en 2022. Si les résultats et conclusions devaient être présentés le 21 mai, elle a décidé d’aborder le sujet en amont, avec pour objectif de sensibiliser citoyens et élus. 

La fédération InfraNum craint en effet que la fracture numérique ne se creuse, avec une proportion de foyers n’ayant pas accès à un bon débit, soit au moins 8 Mbit/s, qui pourrait dépasser les 20 % dans certains départements. Autant dire que le très haut débit, fixé à au moins 30 Mbit/s par le gouvernement, risquerait ne pas être une réalité pour beaucoup qui deviendraient ainsi les « oubliés du bon débit » et par extension du très haut débit.

Elle invite ainsi l’ARCEP à prolonger son guichet THD radio jusqu’en 2020, au lieu de 2019, pour permettre aux départements de s’organiser et d’éviter une fracture numérique. Il faut en effet trouver des solutions appropriées, avec une 5G qui ne serait pas généralisée avant une bonne dizaine d’années, voire plus dans les zones rurales, et une 4G qui ne peut combler un manque en Internet fixe que de manière ponctuelle.

Selon Étienne Dugas, Président de la fédération, « Plus de 80% du territoire devrait être fibré en 2022. Pour 2,2 millions de foyers qui n’auront pas la fibre avant au moins 5 ans, le très haut débit peut être amené en priorité grâce au THD radio. Nous tirons la sonnette d’alarme : pour ces foyers répartis partout en France et qui n’ont pas accès à un bon débit, la majorité des Départements français court le risque d’une aggravation de la fracture numérique. Il faudra alors que les élus expliquent à leurs administrés dès l’année prochaine – lors des élections de 2020 et 2021 – que la solution viendra de la 5G, c’est-à-dire dans au moins 10 ans pour les plus chanceux ! »

En contrepartie de cette demande, les acteurs du THD Radio membres d’InfraNum s’engagent sur deux points :

-  "Rapatrier le WiMAX (dont les fréquences sont aujourd’hui réparties de manière disparate sur le spectre 3400 – 3800 MHz) sur la bande de fréquence attribuée en 2017 au THD radio (3410 – 3460 MHz) et ainsi rapidement libérer la bande 3 460 – 3800 MHz pour la 5G"

-  "Respecter les principes de synchronisation entre les fréquences THD Radio (3410 – 3460 MHz) et 5G (3460 – 3800 MHz), tels que prochainement définis."