Deux ans de prison ferme pour un anti-5G

Deux ans de prison ferme pour un anti-5G

Un militant anti-5G a été condamné à de la prison ferme. L’an dernier, il avait mis le feu à deux pylônes de téléphonie mobile.

“Cette affaire n’est pas un délire de pyromane. J’ai fait ça pour des raisons politiques par rapport à la 5G et au désastre écologique”, a expliqué Boris Niel, lors d’un procès organisé à Nancy en comité restreint en raison du contexte sanitaire et sans l’avocate de la défense ne pouvant se libérer ce jour-là. Il a été condamné à 4 ans de prison, dont 2 de prison ferme, ainsi qu’à 91 000 euros de dommages-intérêts.

Ce militant anti-portable, anti-antennes et anti-5G de Besançon comparaissait pour les incendies de deux pylônes sur le mont Poupet, dans le Jura, dans la nuit du 9 au 10 avril 2020. Il a été confondu grâce à son ADN sur un bouchon de récipient retrouvé au pied d’un des pylônes.

“J’étais content d’avoir réussi ce challenge, de m’être surpassé et d’avoir porté un coup à cette technologie”, aurait-il expliqué lors de sa garde-à-vue. “Je n’ai jamais dit un truc comme ça. Cela laisse croire que j’ai fait ça de gaieté de cœur. Alors que ce n’est pas le cas. J’ai agi, car les problèmes de la société actuelle me prennent aux tripes”, a-t-il insisté lors de l’audience.

Pas question d’aller au chaos pour défendre ses idées

Matthias Guillou, l’avocat d’Orange, a rappelé un contexte, à savoir les nombreuses attaques ayant ciblé les équipements de télécommunications, mais surtout souligné que “les équipements détruits sur le mont Poupet n’étaient même pas pour la 5G”. Rachel Massin-Trachez représentait de son côté l’état sachant qu’une partie des antennes brûlées durant les incendies appartenaient aux forces de l’ordre. “Cela ne devrait pas être une guerre et j’encourage le prévenu à s’engager pour ses idées, mais de façon beaucoup plus pacifique”, a-t-elle déclaré.

“Si on permet l’utilisation de la violence, on va droit au chaos”, avait expliqué le vice-procureur Legaut lorsqu’il avait requis 3 ans de prison, dont la moitié ferme, et l’annulation d’une ancienne condamnation à 6 mois avec sursis.

Source : L’Est Républicain