T411, l’eldorado du téléchargement français, a été fermé par les autorités

Le site T411 était inaccessible depuis dimanche. Tristan Brossat, journaliste pour Satelifax affirme qu’il s’agit d’une opération de la police suédoise en lien avec les autorités françaises, qu’elle a abouti à la fermeture du site, la saisie des serveurs et l’arrestation d’au moins 6 personnes.

 
Le combat n’est pas nouveau
L’annuaire de torrents qui permettait d’accéder au téléchargement d’une multitude de contenus (parfois même libres de droit et introuvables ailleurs dans les offres légales) figurait dans le top des sites les plus visités en France (à la 68e place Alexa). Son slogan était plutôt clair : Les pages jaunes du torrent (français). Le Tribunal de grande instance de Paris saisi par la SCPP, Société civile des producteurs phonographiques, avait en 2015 décidé du blocage du site. Le blocage devait être effectué par les fournisseurs d’accès et à la charge de la SCPP. Cela a conduit à une situation paradoxale : les tutoriels pour contourner le blocage et accéder à nouveau au site ont pullulé (il suffisait de remplacer les adresses DNS de son fournisseur d’accès par celle de Google par exemple). La décision de justice n’as donc pas eu l’effet escompté. Par ailleurs à chaque nouvelle demande de blocage par la justice les administrateurs changeaient de nom de domaine pour échapper au blocage, passant de t411.me à t411.io en passant par t411.li ou encore t411.ai.

Vitesse supérieure. 6 personnes interpellées en France et en Suède 
Depuis dimanche le site était inaccessible, beaucoup d’utilisateurs pensaient à une grosse maintenance, même si l’idée de l’opération de police n’était jamais bien loin. Nous l’avons appris par Tristan Brossat, journaliste à Satelifax, il s’agit bien d’une opération de police menée conjointement entre les polices suédoises et françaises. Elle est l’aboutissement d’une enquête de plusieurs mois suite à une plainte de SACEM et de l’ALPA, l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, conduite par la juridiction interrégionale spécialisée de Rennes qui a mené l’enquête avec la section de recherche, selon nos confrères.
Deux personnes d’origines ukrainienne soupçonnés de violations des droits d’auteur et de blanchiment, ont été arrêté et devraient être extradés vers la France. Les serveurs ont été en partie saisis (le wiki reste encore accessible) ainsi que des bien mobiliers et immobiliers selon Marc Rees.
Parallèlement en France des modérateurs du site aurait été arrêté selon le site Torrentfreak. Aucune autre information disponible pour l’heure, sinon que le procureur suédois confirme l’opération. Les plaignants SACEM/ALPA restent discrets. Selon David El-Sayegh interrogé par Le Monde, le préjudice subi par les auteurs représentés par la Sacem est estimé « à 3 millions d’euros » et il évalue « le gain réalisé par les administrateurs du site à hauteur de 6 millions d’euros ». L’affaire pourrait s’étendre jusqu’au Canada où les autorités pensent que vit un des administrateurs. Sur twitter cela a déclenché un débat très animé. Le parquet devrait s’exprimer dans l’après-midi.