Le plan de l’ARCEP pour accélérer le déploiement de l’IPV6

Le plan de l’ARCEP pour accélérer le déploiement de l’IPV6
 
Le 11 janvier 2016, Axelle Lemaire a saisi l’Arcep d’une demande d’avis sur l’état de déploiement du protocole d’adressage IPv6. L’Arcep a rendu aujourd’hui public son rapport au Gouvernement.

Quels sont les enjeux de la transition vers IPv6 ?
 
Internet s’appuie sur un système dit d’" adressage " pour désigner les différents serveurs, terminaux et routeurs de la toile et permettre aux communications de s’établir entre eux : les adresses IP (internet protocol). En ce sens, les adresses IP sont à internet ce que sont les numéros aux services téléphoniques.
 
Or, avec le succès d’internet, ces adresses arrivent à saturation selon le protocole actuel : IPv4 (1). C’est pourquoi il est nécessaire de migrer vers un autre protocole, IPv6, qui permet de générer environ 3,4×1038 adresses uniques, et donc de gérer la croissance exponentielle du nombre d’équipements connectés à internet, notamment dans la perspective de l’internet des objets (IoT).
 
La gestion actuelle de la pénurie d’adresses IPv4 conduit à brider certaines applications ou certains usages, limitant le caractère pleinement ouvert d’internet et la liberté des utilisateurs. Pour autant, la migration vers IPv6 est une opération complexe, qui implique la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la chaîne d’internet : fournisseurs d’accès à internet, hébergeurs, fournisseurs d’applications, fabricants de terminaux, etc.
Où en est la France ?

La migration vers IPv6 est une question mondiale.
 
La France est clairement engagée dans la transition et est en avance par rapport à certains pays comparables de l’espace économique européen tels que l’Espagne, l’Italie ou le Royaume-Uni. Elle a cependant connu au cours des dernières années une progression ralentie – notamment en ce qui concerne le déploiement par les FAI – qui la place aujourd’hui en retrait par rapport à des pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou la Belgique.
 
Derrière la question de la migration vers IPv6 se cache un enjeu de compétitivité. Les pays qui sauront accélérer vers IPv6 pourront développer une expertise et un savoir-faire qui contribueront à leur rayonnement international. L’enjeu est donc aussi l’attractivité de la France sur la scène numérique mondiale.
 
Comment accélérer ? Un plan en six actions
 
Dans son étude, l’Arcep identifie les causes et risques liés à ce retard relatif, et propose plusieurs actions de nature à promouvoir et accompagner la transition vers IPv6 :
 
1. Montrer l’exemple en s’engageant dans des délais ambitieux à rendre accessibles en IPv6 tous les sites web et services en ligne de l’Etat.
 
2. Généraliser l’enseignement d’IPv6 aussi bien dans les formations initiales que continues, afin de lever, par la pédagogie, les freins à l’adoption du protocole IPv6.
 
3. Mettre en place les espaces d’échanges adéquats pour la communauté engagée dans la transition vers IPv6 afin de la fédérer et de permettre un échange sur les bonnes pratiques et les expériences individuelles.
 
4. Améliorer la coordination entre parties prenantes en rendant publiques les intentions de court et moyen termes des acteurs majeurs de la transition.
 
5. Mieux informer l’utilisateur notamment sur la pérennité des terminaux dont il dispose et les possibles dysfonctionnements liés aux mécanismes de rationnement des adresses IPv4.
 
6. Préparer la fin d’IPv4 en permettant, à terme, aux acteurs qui souhaitent rationaliser la gestion de leurs réseaux de pouvoir se passer définitivement du protocole IPv4.