“42” fait sa rentrée

“42” fait sa rentrée

Après 6 mois de sélection, plusieurs "piscines" où certains se sont noyés, "42" accueillait hier sa première promotion. Il y avait 20 000 candidats et candidates au départ, ils n’étaient plus que 880 à faire leur rentrée, hier matin, au boulevard Bessieres dans le XVIIe. Parmi elles, quelques filles, elles atteignent péniblement les 10 % et seront 81 à bucher et faire tout pour prouver "qu’être un geek" ne se conjugue pas qu’au masculin.

C’est donc la première rentrée officielle pour cette école qui sera 100 % gratuite sauf pour Xavier Niel qui déboursera quelques 100 millions d’euros sur 10 ans pour financer l’école et la scolarité de ses étudiants.

Aucun diplôme n’était requis, mais les sélections Online, puis au sein de la piscine ont fait le travail d’écrémage misant sur le talent, la résistance du postulant et sa capacité à s’adapter à toutes sortes de situations. Ni sélection par l’argent ni par le diplôme. Pour Xavier Niel "On peut être en échec scolaire et correspondre pourtant à ce qui est un génie en informatique".

L’école accueille donc ses poulains pour trois ans et sera ouverte 24/24 h et 7/7 jours. Pas de cours fondamentaux et purement théoriques ; les étudiants de 42 ne vont pas passer leur journée à gratter leur copie et recracher du texte appris par cœur. Pour Nicolas Sadirac, directeur de l’école : "l’objectif n’est pas de transmettre un savoir, mais de développer chez nos étudiants la capacité à innover". Toutes les deux semaines un nouveau projet leur sera confié, une quarantaine sur l’année notamment celui de reprogrammer le logiciel de traitement de texte Word, de créer un virus informatique ou de développer un jeu vidéo.

À l’issue de la formation, pas de diplôme, mais Nicolas Sadirac évoque un réel attrait des entreprises : "il y a un tel besoin de développeurs… Les entreprises n’arrêtent pas de nous solliciter, nous avons 10 demandes par jour."

Dans un marché de l’emploi aux allures moroses, Xavier Niel semble donc avoir trouvé la bonne équation pour dénicher de nouveaux talents, pour le plus grand plaisir des entreprises et de ses étudiants.

Source : Challenge