Free Mobile : La gauche se trompe-t-elle de combat ?

Free Mobile : La gauche se trompe-t-elle de combat ?
Beaucoup de secteurs en France et dans le Monde sont touchés par le ralentissement économique. Plusieurs causes sont généralement évoquées pour expliquer le repli de certains secteurs : manque d’innovation ou encore concurrence chinoise. Lorsqu’il y a des licenciements, la recherche de dividendes plus importants est également parfois évoquée. Mais un seul secteur au monde, celui des télécoms en France, semble expliquer son ralentissement par un tout autre effet : l’arrivée d’un nouvel opérateur. Enfin, si l’on en croit le gouvernement. La question ne se pose pas dans le secteur de l’automobile avec l’arrivée des Dacia (groupe Renault) et autres marques low cost, ni lors de l’arrivée des hard-discounteurs dans le secteur de la grande distribution, mais elle se pose avec l’arrivée de Free Mobile.
 
Seulement la question n’est pas uniquement posée puisque le gouvernement apporte également la réponse, sans qu’aucune étude d’impact n’ait était faite (ce qu’il reproche pourtant à l’ancien gouvernement) : Free Mobile est responsable des licenciements chez d’autres opérateur, chez les équipementiers, dans les centres de relation clients, etc.…
 
Se pose alors l’intérêt pour le gouvernement d’accuser une entreprise française parmi les plus innovantes, d’avoir mis à sac tout un secteur, sans qu’à l’heure actuelle, aucun élément ne puisse aller dans ce sens en l’absence d’étude d’impact. Rien ne dit en effet que globalement, l’arrivée de Free Mobile aura créé ou détruit de l’emploi ou encore que les investissements dans les réseaux vont baisser (c’est plutôt l’inverse actuellement avec le déploiement de la 4G et la construction d’un 4ème réseau mobile). La seule chose qui a été mesurée pour le moment, c’est que l’arrivée de Free Mobile a fait gagner du pouvoir d’achat aux français (7 euros par mois en moyenne selon une étude de 60 millions de consommateurs)
 
Même si la gauche dans son ensemble ne tient pas le même discours qu’Arnaud Montebourg ou la députée Corinne Erhel, sa position a de quoi étonner. En effet, paradoxalement, ces personnalités prennent position pour des entreprises dont le comportement est dénoncé par ailleurs, en distribuant de plantureux dividendes, au lieu d’investir dans l’économie et d’embaucher. Une attitude exactement inverse à celle de Free qui redistribue peu, ré-investit la plus grande partie de son bénéfice et, proportionnellement à son chiffre d’affaires, embauche plus que ses concurrents. @NeufCentMHz, sur Twitter, a réalisé un tableau récapitulatif du bénéfice et du dividende reversé par chacun des opérateurs sur les 3 dernières années. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 
 
 
Free est donc l’exemple même du modèle d’entreprise citoyenne qu’appelle de ses vœux Arnaud Montebourg. Et pourtant, il prend le parti de celles qui se sont goinfrées de dividendes pendant des années, grâce, entre autres, à des forfaits mobiles parmi les plus chers au monde. C’est visiblement ce modèle là que regrette certaines personnalités de gauche. Un comble ! Précisons par ailleurs que ces forfaits chers intégraient un mobile et qu’une partie du chiffre d’affaires de ces opérateurs servait donc à financer des terminaux dont aucun n’est plus fabriqué en France. Pour la défense du Made In France, on repassera.
 
Dans ces conditions, la position d’Arnaud Montebourg est incompréhensible. Une explication peut être apportée quand on écoute la sémantique et les arguments utilisés pour fustiger Free. Ils ressemblent presque mot pour mot à ceux de Martin Bouygues. Le patron de Bouygues n’est visiblement pas loin derrière la nouvelle position du Ministre, qui avait pourtant applaudi l’arrivée de Free Mobile lorsqu’il était dans l’opposition. Autre explication plausible, la mise en accusation de Free Mobile, dont la licence à été mise aux enchères par l’ancien gouvernement, est un bouc émissaire tout trouvé pour dédouaner le gouvernement actuel des difficultés dans le secteur des télécoms. Dans tous les cas, ce n’est pas un bon signal envoyé aux consommateurs et aux entreprises qui innovent si le gouvernement concentre ses attaques sur les sociétés qui font baisser les prix et apportent de la valeur ajoutée…