Deux petites entreprises françaises sur trois sont absentes du net


Avec à peine plus d’un tiers de ses petites entreprises présentes sur le web, la France accuse un gros retard en Europe et ses prestataires de téléservices subissent de plein fouet les délocalisations, une tendance que Publicis veut tenter de contrecarrer via une nouvelle filiale.
 
Près des deux tiers (62%) des entrepreneurs reconnaissent ne pas être présents sur internet, selon une enquête publiée la semaine dernière par la Fédération des centres de gestion agréés (FCGA), qui "observent" quelque 400.000 très petites entreprises (TPE).
 
"Il y a une vraie fracture numérique, et qui est plus prononcée en France qu’ailleurs", résume Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, dans un entretien à l’AFP.
 
Le premier groupe publicitaire français a lancé l’automne dernier, à Lyon, une filiale, Webformance, qui propose une "boîte à outils pour les PME destinée à leur faciliter l’usage du numérique".
 
De la conception d’un site internet "vitrine" à la gestion de campagnes publicitaires sur Google, en passant par la création de contenus vidéo ou pour téléphones mobiles, l’idée est de proposer des services de marketing, de communication et de téléservice.
 
"Il ne suffit pas de mettre des outils à disposition des entrepreneurs, il faut en même temps les accompagner, car ils sont débordés, ils n’arrivent même pas à faire leur comptabilité", affirme M. Lévy.
 
"Nous les aidons à communiquer sur Twitter, à se mettre sur Facebook, à utiliser la communication sur téléphone mobile, bref on leur donne les outils de la modernité", fait-il valoir.
 
"Notre projet est de mettre toute la puissance d’internet au service des PME et des TPE et leur donner la possibilité d’être présentes de façon efficace, de gagner des nouveaux clients et de fidéliser les clients actuels", renchérit Maxime Baffert, directeur général de Webformance.
 
"Les patrons de PME ne se rendent pas compte de la puissance qu’a prise internet dans les habitudes des consommateurs. Beaucoup pensent encore que le bouche à oreille, l’annuaire ou les petites annonces suffisent, alors que tout passe par le numérique aujourd’hui", souligne-t-il.
 
Selon une récente étude Sofres, 41% des Français ont utilisé internet pour trouver des informations sur des professionnels ou des commerces et des services de proximité au cours des douze derniers mois.

Et pour 34% d’entre eux, le web est le support le plus utilisé, bien loin devant les annuaires papier ou encore les renseignements téléphoniques.
 
Lundi 21 février, à la Chambre de commerce de Lyon, MM. Lévy et Baffert participaient à une "grande journée de recrutement" rassemblant quelque 250 candidats à l’embauche pour les 120 postes à pourvoir dans le courant de cette année au sein de Webformance.

"Il s’agit de créer un nouveau métier, de prestataire de services. Et c’est aussi un pari de dire qu’on va créer ces emplois en France plutôt que de délocaliser. La plupart (des entreprises de ce type) sont allées au Maroc ou en Tunisie car c’est beaucoup moins cher", indique Maurice Lévy.
 
Maxime Baffert se dit également convaincu que "les différentiels de coût" seront "compensés par la dimension d’accompagnement et de proximité très forte de Webformance, qui a décidé de tout miser sur la technologie et la formation des salariés".

 

Source : AFP