Fibre optique : les discussions se tendent entre Orange et la SNCF

Fibre optique : les discussions se tendent entre Orange et la SNCF

Orange loue depuis près de dix ans une partie du réseau fibre déployé le long des voies ferrées françaises. Un partenariat stratégique qui pourrait aujourd’hui être profondément revu.

Le partenariat historique entre Orange et SNCF autour du réseau télécoms ferroviaire pourrait connaître un tournant important. Selon l’Informé, l’accord signé en 2016 entre les deux groupes arrive à échéance et son renouvellement ferait actuellement l’objet de négociations particulièrement tendues. Au cœur du dossier : plus de 11 000 kilomètres de fibre optique déployés le long des voies ferrées françaises.

Depuis plusieurs années, la SNCF met une partie de son infrastructure télécoms à disposition d’Orange. Ce réseau, initialement conçu pour les besoins internes du groupe ferroviaire, représente un maillage stratégique traversant une grande partie du territoire français. Il comprend plus de 11 000 kilomètres de fibre optique et environ 110 points de présence reliant plus de 6 000 communes.

Dans le cadre de l’accord actuel, Orange loue une partie de cette fibre noire, c’est-à-dire de la fibre non activée, afin de la proposer ensuite à d’autres opérateurs télécoms régionaux, entreprises ou collectivités locales. Ces acteurs peuvent alors y installer leurs propres équipements pour exploiter les liaisons longue distance. Le réseau permet notamment de relier de grands axes stratégiques comme Paris-Marseille, Paris-Bordeaux ou encore Paris-Toulouse.

La SNCF veut désormais développer sa propre activité télécoms

Mais depuis la signature du contrat initial, la situation a fortement évolué. La SNCF a lancé en 2021 sa propre filiale télécoms baptisée Terralpha. L’objectif : commercialiser directement les capacités du réseau ferroviaire auprès des opérateurs, data centers, industriels ou réseaux d’initiative publique, sans forcément passer par Orange.

Cette montée en puissance pourrait rebattre les cartes dans les relations entre les deux groupes. Terralpha a notamment remporté en direct un important marché public autour du réseau interministériel de l’État, sans l’appui d’Orange, signe que la filiale entend désormais jouer un rôle plus important sur le marché télécoms français.

Même si l’activité télécoms de la SNCF reste encore limitée financièrement, avec un chiffre d’affaires de 8,4 millions d’euros en 2024 pour une perte de 2,3 millions d’euros, les ambitions affichées pourraient compliquer le renouvellement du partenariat historique. Le contrat actuel représente en effet un enjeu stratégique aussi bien pour la SNCF que pour Orange, notamment dans le domaine des infrastructures longue distance et du transport de données.

Pour l’heure, ni Orange ni SNCF n’ont souhaité commenter officiellement ces discussions. Mais l’évolution de ce partenariat pourrait avoir des conséquences importantes sur le marché français des infrastructures télécoms dans les années à venir.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox