Free Max : peut-on s’abonner en vivant à l’étranger ? Free ferme la porte, mais son nouveau forfait tout illimité semble déjà détourné
Derrière la promesse d’un forfait mobile illimité en France et dans plus de 135 destinations, une question revient avec insistance : Free Max peut-il devenir une solution pour des utilisateurs vivant hors de France, attirés par son rapport qualité-prix ? La réponse de l’opérateur est sans ambiguïté. Pourtant, certains petits malins ont réussi à y souscrire sans résider en France.
Avec son nouveau forfait Free Max, présenté comme une offre capable de bouleverser les usages, notamment en permettant de s’affranchir d’une box internet, Free suscite bien au-delà des frontières françaises. Sur le papier, l’offre a de quoi séduire : data illimitée en France, mais aussi à l’étranger dans plus de 135 destinations, pour un tarif nettement inférieur à ce que proposent de nombreux opérateurs internationaux. De quoi imaginer un scénario où des utilisateurs étrangers chercheraient à en profiter depuis leur pays d’origine. Mais cette hypothèse est fermement écartée par l’opérateur.
Interrogé par Univers Freebox, le directeur général de Free, Nicolas Thomas, a été très clair sur la cible de cette offre : « Nous sommes un opérateur français, on s’appelle Free, c’est nos abonnés et les usages qu’on regarde, il ne s’adresse pas aux personnes qui vivent à l’étranger, par contre un touriste qui vient en France peut s’abonner le temps de son séjour, un étudiant qui va étudier en Erasmus par exemple ou qui va étudier à l’étranger, au Canada ou dans d’autres destinations, si il revient de temps en temps en France, oui pour le coup oui ce forfait est absolument fait pour lui ».
Autrement dit, Free Max n’a pas vocation à devenir une “offre mondiale” pas chère accessible depuis n’importe quel pays. L’opérateur vise avant tout des usages ancrés en France, même si ceux-ci peuvent s’étendre ponctuellement à l’international. Cette position est d’ailleurs cohérente avec les conditions de souscription. Pour s’abonner, Free exige non seulement une carte bancaire, mais aussi un RIB (IBAN émis dans l’UE.), ce qui constitue déjà un premier filtre pour les utilisateurs résidant à l’étranger sans ancrage bancaire en France.
Mais surtout, c’est du côté des conditions d’utilisation que la stratégie de Free apparaît clairement. Dans sa brochure tarifaire, l’opérateur encadre strictement les usages en roaming afin d’éviter toute dérive. Trois situations sont explicitement considérées comme abusives ou anormales :
- une consommation et une présence plus élevées en Europe et dans les DOM qu’en France sur une période de quatre mois consécutifs ;
- une utilisation quasi exclusive à l’étranger associée à une absence prolongée d’activité en France ;
- une consommation durablement plus élevée hors de France qu’en métropole.
Dans ces cas, Free se réserve le droit d’appliquer des frais supplémentaires après notification, si l’abonné ne rééquilibre pas ses usages sous 15 jours. Ce cadre réglementaire n’est pas anodin : il traduit une logique bien connue dans les télécoms, celle du “fair use” appliqué à l’itinérance. Derrière l’illimité affiché, l’opérateur veille à ce que le cœur de la consommation reste domestique, afin de maîtriser ses coûts d’interconnexion avec les opérateurs partenaires à l’étranger.
Pourtant certains semblent avoir déjà réussi à passer à travers les mailles du filet
Selon Numerama, certains utilisateurs à l’étranger auraient malgré tout réussi à contourner ces restrictions. Sur les réseaux sociaux, plusieurs témoignages évoquent des souscriptions réalisées sans résider en France, via eSIM, parfois en utilisant une adresse française ou en contournant la géolocalisation. Des cas sont notamment rapportés en Russie, au Maroc, ou encore en Suisse. Reste désormais à savoir comment Free réagira face à ces pratiques avec un encadrement plus strict ou un tolérance comme cela a pu être observé par le passé. Certains abonnés au forfait historique 5G+ de Free assurent l’utiliser plus de 6 mois par an à l’étranger, mais il y a aujourd’hui une nette différence entre 35 Go par mois et de l’illimité en data.