Des candidats pour racheter une des filiales d’Orange, sur fond d’inquiétude des salariés
La cession annoncée de Globecast par Orange suscite de vives interrogations en interne, notamment sur la stratégie et la gestion passées de la filiale.
La cession de Globecast, filiale d’Orange spécialisée dans la diffusion et la retransmission de flux audiovisuels, avance. Comme révélé à l’automne, l’opérateur historique a confié un mandat de vente à la banque d’affaires Barber Hauler afin de se séparer de cette société active dans la diffusion de contenus pour les chaînes de télévision et les salles de cinéma.
Selon plusieurs sources de l’Informé, plusieurs candidats ont répondu à l’appel, avec au moins une offre française et une solution étrangère. Parmi les prétendants figure Verdoso, holding d’investissement connue pour ses reprises d’entreprises en difficulté, mais aussi Eurovision Services, acteur suisse de l’audiovisuel détenu depuis 2023 par le fonds allemand Dubag. Cette société est notamment en charge de la retransmission du concours Eurovision et de grands événements sportifs, dont des matchs de la Ligue des champions.
Bien connue dans le secteur, Globecast assure notamment la retransmission d’événements majeurs tels que les Jeux Olympiques 2024 ou le Tour de France pour le compte de grandes plateformes TV et de groupes audiovisuels internationaux.
Une vente qui inquiète les salariés
Cette opération suscite de vives inquiétudes du côté des salariés. Le syndicat CFE-CGC a interpellé cette semaine la directrice générale d’Orange, Christel Heydemann, dénonçant une annonce jugée « informelle » et faite sans consultation préalable des instances représentatives du personnel.
Une réunion extraordinaire s’est tenue le 20 novembre dernier, au cours de laquelle la situation économique et sociale de Globecast a été largement évoquée. La filiale a pourtant réalisé un chiffre d’affaires consolidé proche de 200 millions d’euros, mais le syndicat pointe une situation jugée préoccupante.
Des critiques sur la stratégie et la gestion
Selon la CFE-CGC, les difficultés actuelles seraient liées à des plans stratégiques non réalisés depuis plusieurs années, à des projections financières jugées trop optimistes et à un manque d’investissements nécessaires pour pérenniser l’activité. Le syndicat affirme également que Globecast « consomme la trésorerie » sans réelle maîtrise, ce qui pèserait directement sur les conditions de travail des salariés.
Face à cette situation, les représentants du personnel demandent des garanties dans le cadre de la vente, notamment un droit de regard sur le choix du repreneur et une garantie de l’emploi sur au moins 24 mois.