“L’Europe est très en retard sur la 5G” affirme le PDG d’Ericsson

“L’Europe est très en retard sur la 5G” affirme le PDG d’Ericsson

Börje Ekholm, dirigeant de l’équipementier Ericsson estime qu’il faudrait deux ans à l’Europe pour atteindre le niveau de la Chine.

L’européen, parmi les leaders de la 5G, estime que l’Europe est à la traîne sur son déploiement. ” L’Europe est très en retard. C’était déjà le cas pour la 4G, ce qui peut expliquer pourquoi nous n’avons pas de champion européen du numérique. Les grandes plateformes sont presque toutes américaines ou chinoises, deux régions où la 4G a été déployée en premier. Je crains que cela ne se répète avec la 5G.

Le patron d’Ericsson, l’affirme : les leaders actuels dans le déploiement de la nouvelle génération de téléphonie mobile sont la Chine, l’Australie, la Corée du Sud et les Etats Unis. “Même le Moyen-Orien est en avance sur l’Europe” ajoute-t-il, “Parmi les 220 millions d’abonnés à l’échelle mondiale, 80% sont chinois”. 11% des abonnés 4G chinois sont passé à la nouvelle génération, contre 4% en Amérique du Nord et seulement 1% en Europe.

” Au rythme actuel, il faudrait deux ans à l’Europe pour atteindre le niveau de la Chine. Le risque est de passer à côté de nouveaux emplois. Si nos infrastructures numériques ne sont pas au même niveau que celles des autres pays, nous ne pourrons pas créer ces nouvelles compagnies qui généreront l’emploi du futur. ” estime Börje Ekholm dans son entretien avec Le Monde.

Cette lenteur propre au Vieux contient s’explique, selon lui par plusieurs raisons. Il déplore notamment le fait que les opérateurs ne bénéficient pas d’un retour sur investissements assez important. “Le spectre est très cher. Mais si les opérateurs américains sont propriétaires des bandes de fréquences qu’ils achètent, en Europe, elles ne sont attribuées que pour une durée limitée“, ce qui n’encourage pas les opérateurs à investir d’avantage. Sur le long terme, l’Europe devrait ainsi, à son sens, permettre de meilleurs retours sur investissements, pour pallier à ce retard. 

Il critique également les processus d’autorisations, jugés “très compliqués et lent”, ainsi que l’inquiétude de l’opinion publique. ” Le scepticisme est plus important qu’ailleurs. C’est pareil pour la 5G. Pourtant, les études scientifiques indépendantes n’ont pas montré qu’elle avait un impact néfaste sur la santé. Certaines régulations européennes, dans ce domaine, font obstacle à son déploiement.”.

Börje Ekholm estime qu’à brève échéance, il faudrait utiliser le plan de relance européen ” pour construire des infrastructures numériques et mettre en place cette colonne vertébrale qui va générer de l’innovation, de nouvelles compagnies… On peut imaginer un programme de financement où l’opérateur recevrait des subventions en proportion de ce qu’il a investi.