Numérique plus vert : le gouvernement dévoile ses plans, l’Arcep et les opérateurs mis à contribution

Numérique plus vert : le gouvernement dévoile ses plans, l’Arcep et les opérateurs mis à contribution

Alors que le numérique représente une part non négligeable de l’empreinte environnementale, le gouvernement présente plusieurs mesures. Plusieurs d’entre elles concernent le secteur des télécoms.

Entre 5 et 10 % de l’empreinte carbone de la France proviendrait du numérique, avec une part atteignant 75 % rien que pour les smartphones. Le gouvernement réfléchit donc à des mesures pour rendre ce dernier plus vert. Il annonce une “feuille de route numérique et environnement”, un document d’une trentaine de pages fruit de la collaboration entre les cabinets de Cédric O, secrétaire d’État au numérique, et Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique. Avec les mesures, un fonds d’aide doté d’une enveloppe de 300 millions d’euros.

Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR dans la boucle

“On ne peut plus rester sans réaction face au fait que 88 % des Français changent de smartphone alors que l’ancien fonctionne encore, et qu’à peine 15 % des téléphones sont recyclés”, estime Barbara Pompili. Les opérateurs télécoms devront ainsi inciter les clients à rapporter leurs mobiles non utilisés, afin de les injecter dans le circuit du reconditionnement ou les diriger vers celui du recyclage.

Acheter plus écolo, en se tournant vers des appareils facilement réparables (grâce à l’indice de réparatibilité en place depuis le 1er janvier 2021) ou le reconditionné (auprès d’acteurs tels que Back Mark, ReCommerce ou PRS Solution), c’est mieux, mais pas l’idéal non plus. “Nous avons confié une mission à l’Arcep afin qu’elle se penche sur le modèle des smartphones subventionnés par les opérateurs télécoms. Cela est peut-être un accélérateur du renouvellement des téléphones et donc problématique pour l’environnement. Nous voulons creuser ce sujet et objectiver l’impact de ces pratiques commerciales avant de prendre d’éventuelles décisions sur le sujet”, indique Cédric O. Le secrétaire d’État au numérique réfléchit notamment à pousser davantage “la location des smartphones auprès des opérateurs, comme cela se fait dans d’autres pays”. De quoi éviter que les smartphones ne s’entassent dans les tiroirs alors qu’ils pourraient avoir une utilité entre d’autres mains.

L’Arcep aussi

L’Arcep aurait également sa part du travail. Le gendarme des télécoms s’est vu demander la mise sur pied d’un “baromètre environnemental des acteurs du numérique”. Celui-ci se basera sur les données collectées auprès d’acteurs tels que les gestionnaires de centre de données, les fabricants de smartphones et les opérateurs télécoms.

L’autorité administrative est par ailleurs invitée à tenir compte de l’aspect environnemental lors de l’attribution des fréquences de la 5G. “Nous demandons à l’Arcep de voir comment on peut tenir compte de l’aspect environnemental dans les modalités d’attribution des futures fréquences 5G sur la bande des 26 GHz”, indique Cédric O. Les critères d’attribution pourraient de ce fait inclure la consommation énergétique des antennes-relais, au même titre que la couverture du territoire.

Sans oublier les plates-formes en ligne

Les géants du Net ne sont pas oubliés, en particulier les plates-formes vidéo populaires telles que Neflix. “L’écologie, c’est le bon sens”, note Barbara Pompili. Et d’expliquer sa pensée : “Quel est l’intérêt de diffuser des vidéos en très haute qualité sur des écrans de smartphones de quelques centimètres ? Il faut éviter ces pratiques aberrantes comme, par exemple, la lecture automatique des vidéos, qui entraînent des dépenses d’énergie inutiles”. Autant dire que le bon sens évoqué ici sera également à intégrer côté utilisateurs.

L’État devra montrer l’exemple

Les mesures partent enfin du principe que le gouvernement devra montrer l’exemple, en se tournant lui aussi vers le reconditionné et en soutenant la filière. “L’État doit donner l’exemple. Nous souhaitons que 20 % des commandes publiques de téléphones ou de matériels informatiques concernent des appareils reconditionnés”, annonce Barbara Pompili.

Source : Le Figaro