Des chercheurs français fabriquent des fibres optiques grâce à l’impression 3D

Des chercheurs français fabriquent des fibres optiques grâce à l’impression 3D

Des chercheurs marseillais et rennais viennent de réaliser les premières impressions 3D de fibre optique infrarouge.

Utilisée notamment dans le militaire et le médical, la fibre optique infrarouge sert, comme son nom l’indique, à transporter un signal infrarouge. L’institut Fresnel, mixte entre le CNRS, Centrale Marseille et l’université d’Aix-Marseille, ont modélisé la préforme nécessaire à la réalisation de ces dernières et ont pu l’imprimer. 

Afin de permettre le transport d’une signature IR d’une molécule détectée par un capteur, dans le secteur médical ou dans le cadre d’une utilisation plus militaire, véhiculer une lumière infrarouge pour aveugler les caméras et missiles (entre autres), il faut de le fibre optique. Et pour réaliser cette fibre, une préforme doit être fabriquée à partir de barreaux de silice ou d’autres matériaux, qui sera étirée. C’est ici le résultat des expérimentations de ces scientifiques : la préforme est imprimable en 3D.

L’impression 3D présente deux avantages : Tout d’abord, le matériau de base que nous utilisons – verres de chalcogénures – devrait déboucher sur de nouvelles applications militaires ou civiles comme l’utilisation, avec des capteurs infrarouges, pour la détection de polluants », explique Johann Troles, enseignant à l’université Rennes-I, chercheur à l’Institut des sciences chimiques et cofondateur de Selenoptics. « Ensuite, une préforme de seulement quelques centimètres, étirable à des températures relativement basses, entre 200 et 400 degrés, permettra de réaliser des fibres plus longues et optimisées, gardant un signal net, avec une grande plage de longueur d’ondes. ».

Cette expérience a été financée à hauteur d’un million d’euros, durant quinze ans, soutenu notamment par la Direction générale de l’Armement, la Commission européenne et la région Bretagne. Johann Troles explique attendre un nouveau financement de l’ANR afin d’obtenir des imprimantes 3D plus performantes et surtout d’étudier l’industrialisation de ce nouveau moyen de fabrication.

Source : les Echos