Les opérateurs télécoms vent debout face à plusieurs taxes, du haut de leurs investissements “records”

Les opérateurs télécoms vent debout face à plusieurs taxes, du haut de leurs investissements “records”

Nicolas Guérin, président de la Fédération Française des Télécoms dont font partie Orange, SFR et Bouygues Telecom exprime son désarroi face aux taxes imposées aux opérateurs.

Un traitement à la hauteur des investissements des telcos et surtout, équitable. Le président de la FFT l’affirme, il faudrait revoir le modèle actuel de taxation des acteurs du numérique. La différence d’impôts entre les opérateurs et les GAFAM n’est “pas normale” explique-t-il sur le plateau de BFM Business.

Les opérateurs représentent 51% du chiffre d’affaires de l’économie numérique française, 74% des emplois, 82% des investissements et 83% de la taxation spécifique du numérique” énumère Nicolas Guérin. “C’est cette équation là qu’on réfute” , la FFT note une augmentation “constante” (+3 points en 10 ans) de la fiscalité des opérateurs. A contrario, la fiscalité des GAFA et des constructeurs a baissé. “L’ensemble du secteur économique du numérique bénéficie d’une baisse de taxation, sauf les opérateurs. Alors que ce sont justement les opérateurs qui investissent le plus, qui emploient le plus en France” résume Nicolas Guérin.

Après avoir investi plus de 10,4 milliards d’euros dans les réseaux fixes et mobile cette année, les opérateurs aimeraient un retour d’ascenseur de la part du gouvernement : “Oui, nous réclamons des baisses d’impôts et un traitement équitable“. Le président de la FFT pointe du doigts deux catégories d’impôts en particulier. Le premier consiste en la participation des telcos au cinéma français, mais des “efforts” sont faits sur ce point avec la mise en place d’une contribution des plateformes SVOD dans le cinéma français. La colère des opérateurs se porte surtout sur l’impôt de production ou IFER. Ce dernier impose en effet aux telcos une taxe sur chaque antenne déployée, si bien que plus un opérateur déploie son réseau, plus il doit mettre la main au portefeuille. “Ce n’est pas normal, on devrait au contraire avoir des exonérations d’impôts” conclut alors Nicolas Guérin.

Ces propos rejoignent ceux de Xavier Niel. Il y a quelques semaines, le fondateur de Free tirait à boulet rouge sur cette taxe devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale. La taxation des opérateurs lorsqu’ils déploient leur réseau n’était pas saine pour Xavier Niel, qui plaidait alors : ” nous ne demandons pas d’aide mais seulement d’être protégé pour nous permettre d’investir”.