Alors que les opérateurs rivalisent désormais avec des forfaits de 100, 200 ou 300 Go, voire de la data illimitée pour certaines offres comme Free Max, les Français, en moyenne, sont encore loin d’épuiser ces enveloppes. Selon les derniers chiffres publiés par l’Arcep, un client mobile consomme en moyenne seulement 18,4 Go de données par mois. L’occasion de faire le point sur les principaux indicateurs du marché mobile français.
Les forfaits mobiles n’ont jamais proposé autant de données. Pourtant, dans les faits, beaucoup d’abonnés sont encore loin d’exploiter pleinement ces enveloppes XXL. Entre la généralisation de la 5G, la montée en puissance du streaming et la concurrence entre les opérateurs, les volumes de data inclus continuent de grimper, tandis que les usages progressent à un rythme désormais plus modéré. Les derniers chiffres de l’Arcep illustrent parfaitement ce décalage.
Au premier trimestre 2026, chaque client mobile a consommé en moyenne 18,4 Go de données par mois, soit 1,4 Go de plus qu’un an auparavant. Au total, les utilisateurs des réseaux mobiles ont échangé 4,4 exaoctets de données sur les trois premiers mois de l’année. Si la consommation continue de progresser, son rythme ralentit. Après deux années de hausse d’environ 13 %, la croissance du trafic mobile n’est plus que de 9,4 % sur un an. Une évolution qui contraste avec les forfaits commercialisés aujourd’hui, lesquels proposent très souvent entre 100 et 350 Go, quand certaines offres incluent même de la data illimitée, comme Free Max, affiché à 29,99€/mois avec de la data illimitée également à l’étranger. En pratique, un forfait de 200 Go représente ainsi plus de dix mois de consommation moyenne, tandis qu’une offre à 300 Go correspond à plus de seize fois les besoins mensuels d’un utilisateur moyen.
Cette montée en gamme des forfaits accompagne néanmoins la généralisation de la 5G. À la fin du premier trimestre 2026, 35,4 millions de cartes SIM étaient actives sur les réseaux 5G, soit 42 % de l’ensemble du parc mobile français. En un an, cela représente 8,8 millions de cartes supplémentaires, soit une progression de 33 %. La démocratisation des smartphones compatibles et l’extension continue des réseaux expliquent cette forte progression.
Pour autant, la 5G ne remplace pas encore la 4G. L’Arcep indique que 77,4 millions de cartes SIM sont toujours actives sur les réseaux 4G. Cela représente 91 % de l’ensemble des cartes SIM, preuve que cette technologie demeure la base des usages mobiles quotidiens des Français, même si de nombreux smartphones utilisent désormais alternativement les réseaux 4G et 5G. Au total, le marché compte 84,7 millions de cartes SIM, dont 77,9 millions de forfaits mobiles. Le nombre de SMS envoyés recule lui de 26,9 % sur un an. En moyenne, chaque utilisateur n’envoie plus que 54 SMS par mois, contre environ 250 SMS mensuels au plus fort de leur utilisation en 2016. Les messageries instantanées comme WhatsApp, Messenger, Signal ou encore le RCS prennent progressivement le relais des SMS traditionnels.
Si les enveloppes de données proposées aujourd’hui paraissent largement surdimensionnées au regard de la consommation moyenne, elles répondent également à la stratégie des opérateurs. La vidéo en haute définition, les apps TV, le cloud, le partage de connexion, les jeux en ligne ou encore les futurs usages liés à l’intelligence artificielle sont de plus en plus gourmands en bande passante. Pour autant, les chiffres de l’Arcep montrent qu’aujourd’hui encore, la grande majorité des abonnés est loin d’exploiter les centaines de gigaoctets inclus dans les offres les plus généreuses. Une réalité qui illustre parfaitement l’écart entre les besoins réels des consommateurs et la course aux gigas que se livrent les opérateurs.
En octobre 2025, une étude de Selectra estimait que l’utilisateur moyen ne consommerait qu’environ 10 % de la data incluse dans son forfait. Les opérateurs assument néanmoins cette stratégie. Proposer toujours plus de gigaoctets est devenu un argument commercial fort, souvent sans augmentation de prix. C’est notamment le cas de Free Mobile, qui a régulièrement enrichi son forfait 5G au fil des années tout en conservant son tarif. Ces chiffres posent la question de l’adéquation entre l’offre et la demande. Selon Orange, le modèle actuel, qui propose des forfaits avec des volumes de données très élevés, repose davantage sur une logique commerciale que sur une nécessité réelle des utilisateurs. “Quel que soit le godet datas du forfait, la grande majorité des clients qui souscrivent à une offre d’abondance ne le fait pas pour satisfaire un besoin mais parce que plus de datas pour le même prix, on prend toujours « pour le cas où »”, avait faire début 2025, Laurentino Lavezzi, directeur des affaires publiques d’Orange. Selon l’opérateur historique, limiter artificiellement la taille des forfaits ne changerait pas significativement la consommation réelle des données mobiles.
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