Désinformation, plateformes, piratage : l’Arcom dévoile son plan offensif pour les trois prochaines années

Désinformation, plateformes, piratage : l’Arcom dévoile son plan offensif pour les trois prochaines années

Le régulateur de l’audiovisuel et du numérique a présenté ce 19 mai son nouveau projet stratégique 2026-2028. Protection des mineurs, lutte contre la haine en ligne, encadrement des plateformes, désinformation, piratage ou encore avenir des médias français : l’Arcom veut accélérer sa transformation face aux bouleversements du numérique.

Quatre ans après la fusion du CSA et de l’Hadopi ayant donné naissance à l’Arcom, le régulateur veut passer à la vitesse supérieure. Dans son nouveau projet stratégique portant jusqu’à 2028, l’autorité estime exercer ses missions dans un « environnement radicalement transformé : montée en puissance des plateformes, désordres informationnels, intelligence artificielle, fragilisation de l’économie des médias ».

Dans le détail, lArcom explique vouloir répondre « à la nécessité d’une plus forte régulation des plateformes en ligne, à l’échelle européenne et nationale, pour protéger les individus, en particulier les plus fragiles ». Trois grands axes sont aujourd’hui mis en avant pour mieux comprendre son plan.

Le premier vise à « mieux protéger les publics dans les espaces audiovisuel et numérique ». L’Arcom veut notamment renforcer la protection des mineurs sur internet, poursuivre le contrôle de la vérification d’âge sur les sites pornographiques et renforcer la lutte contre la haine en ligne. L’autorité rappelle d’ailleurs que « 83% des 11-17 ans sont exposés régulièrement à au moins un risque en ligne ». Deuxième priorité : garantir « le droit des citoyens à un accès effectif à une information fiable et pluraliste et à des médias libres et indépendants ». Le régulateur de l’audiovisuel s’inquiète du fait qu’« une part croissante des sources d’information des Français et du débat public bascule tendanciellement vers les plateformes et les environnements algorithmiques ». Selon lui, ces évolutions « favorisent les tentatives de manipulation et fragilisent le débat public ». L’objectif est ici de « protéger l’intégrité des scrutins » en responsabilisant les plateformes  et en luttant contre les tentatives de manipulation et les ingérences.

L’Arcom veut aussi préparer l’avenir de la TNT et rééquilibrer le rapport de force avec les géants du numérique. L’autorité affirme vouloir « accompagner l’adaptation de l’offre des éditeurs, au niveau national comme local, afin de leur permettre de faire face à une concurrence accrue, tout en garantissant aux téléspectateurs une offre diversifiée ». Le régulateur promet également « le rééquilibrage des règles du jeu face aux plateformes numériques » afin d’obtenir « des conditions de concurrence plus équitables et adaptées aux nouveaux usages ». Il souhaite enfin renforcer « la visibilité des services et contenus d’intérêt général sur l’ensemble des interfaces, quels que soient les modes de distribution ». Enfin, la lutte contre le piratage reste un combat majeur. L’Arcom annonce vouloir « simplifier et accélérer les procédures de blocage » des sites illicites et rappelle que le manque à gagner annuel lié au piratage est estimé à « 1,5 milliard d’euros».

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox