Face à l’effondrement des droits TV et à la montée du streaming illégal, le football français espère beaucoup d’une future loi qui doit renforcer la lutte contre le piratage des matchs en direct.
Le football français continue de chercher des solutions pour enrayer la chute de ses revenus audiovisuels. Alors que l’examen de la loi sur la réforme du sport professionnel a une nouvelle fois été repoussé à l’Assemblée nationale, le gouvernement et plusieurs acteurs du secteur mettent désormais fortement l’accent sur un autre problème jugé majeur : le piratage des compétitions sportives.
Selon les chiffres évoqués par la ministre des Sports Marina Ferrari, près de 10 millions d’internautes consommeraient aujourd’hui des contenus sportifs ou culturels de manière illicite en France. Le manque à gagner total est estimé à 1,5 milliard d’euros par an par l’Arcom, dont près de 300 millions d’euros pour le sport.
Dans le même temps, les clubs de Ligue 1 voient leurs revenus TV s’effondrer. Les droits audiovisuels domestiques, qui rapportaient encore 762 millions d’euros avant 2020, sont désormais tombés autour de 200 millions d’euros cette saison, en cumulant Ligue 1+ et les droits versés par beIN Sports. Les droits TV ne représentent plus que 19 % des revenus des clubs français, contre 35 % à 46 % dans les autres grands championnats européens.
Pour Marina Ferrari, le problème dépasse largement la simple question des diffuseurs. « Le football français n’est pas en crise, il va bien », affirme la ministre, mettant en avant la qualité de la formation, les affluences dans les stades et l’attractivité sportive du championnat. En revanche, « le modèle économique du foot est, lui, en crise ».
Le gouvernement veut notamment accélérer la lutte contre le streaming illégal grâce à la proposition de loi actuellement en attente. Aujourd’hui, le blocage des sites pirates nécessite une décision judiciaire. Le texte prévoit d’automatiser les blocages en temps réel dès la détection de flux illicites, afin de réagir beaucoup plus rapidement pendant les rencontres sportives.
Les sanctions seraient également renforcées, avec des amendes pouvant atteindre 300 000 euros pour les plateformes concernées. Mais pour la ministre, cela ne suffira pas à lui seul. Elle estime qu’à terme, des mesures visant les utilisateurs finaux devront aussi être envisagées afin de faire évoluer les comportements. « L’idée n’est pas de taper pour taper, mais je suis convaincue que la sanction fera prendre conscience que le recours au piratage contribue à affaiblir l’économie du sport », explique-t-elle.
Le texte doit aussi modifier en profondeur la manière dont les droits TV sont commercialisés. Jusqu’ici, la Ligue était contrainte de découper les droits en plusieurs lots afin de favoriser la concurrence entre diffuseurs. Une stratégie qui, selon le gouvernement, a fini par affaiblir la valeur du produit.
La réforme permettrait désormais de vendre l’intégralité des droits à un seul diffuseur. Une évolution qui pourrait faciliter le retour d’acteurs historiques comme Canal+, mais aussi simplifier l’offre pour les supporters, souvent contraints de multiplier les abonnements pour suivre l’ensemble des compétitions. Selon Marina Ferrari, ce morcellement des offres participe lui aussi à la montée du piratage. « A trop découper le produit, nous avons affaibli sa valeur économique », estime-t-elle.
En parallèle, la réforme prévoit également une réorganisation de la gouvernance du football professionnel autour d’une société commerciale unique regroupant la LFP, LFP Media, les clubs et l’actionnaire CVC. L’objectif affiché : mieux gérer les droits audiovisuels et attirer de nouveaux investisseurs capables de soutenir financièrement les clubs français. Malgré le report du texte à l’Assemblée nationale, le gouvernement assure vouloir le remettre rapidement à l’ordre du jour avant la fin de la session parlementaire du 30 juin.
Source : Les Echos
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