Ubigi, leader des eSIM pensées pour les voyageurs, critique frontalement la promesse d’internet illimité à l’international, qu’elle juge peu adaptée aux usages réels et moins pertinente qu’une connectivité à la demande.
Le lancement du forfait Free Max n’est pas passé inaperçu. Avec sa promesse d’internet illimité en France et dans plus de 135 destinations, Free a frappé fort, Xavier Niel se fendant même d’une blague sur les eSIM de voyage que le forfait enterrerait. Sans surprise, cette annonce suscite déjà des réactions, notamment du côté de Ubigi, spécialiste de la connectivité eSIM, qui remet en question la pertinence même de l’illimité.
Dans un communiqué, Ubigi tempère l’intérêt réel d’une telle offre. La consommation moyenne de données mobiles en France reste inférieure à 20 Go par mois, et même à l’étranger, dépasser 30 à 40 Go demeure rare. Autrement dit, l’illimité concernerait une minorité d’utilisateurs aux besoins très spécifiques : télétravailleurs nomades, professionnels ou gros consommateurs de contenus. Pour la majorité, les enveloppes proposées par les forfaits classiques suffisent largement.
Une observation à quoi répondait Free lors de sa conférence en arguant que, dans le cadre des voyages, la majorité des voyageurs coupaient tout de même leur data par peur de payer des frais supplémentaires, la proposition d’illimité se voulant comme une sécurité pour les abonnés qui n’auraient ainsi plus à craindre le hors-forfait qui coûte très cher. Tandis que dans le cadre de l’illimité en France, l’opérateur assume ce choix et entend répondre à un besoin croissant, notamment chez les jeunes, qui utilisent leurs forfaits mobile comme unique accès internet, sans box à la maison.
Ubigi souligne également une évolution stratégique du côté de Free : avec Free Max, l’opérateur introduit un nouveau sommet de gamme, susceptible d’accueillir en priorité les futures innovations. Une manière de pousser progressivement les utilisateurs vers une offre plus chère. On peut en effet noter que Free a par exemple réservé certaines destinations à son forfait Free Max pour le lancement. Autre point mis en avant : la souplesse de l’offre. Contrairement à l’image d’un forfait sans contrainte, certains éléments viennent la relativiser :
Des conditions qui compliquent un usage ponctuel, notamment pour les voyageurs occasionnels. A noter cependant sur ce dernier point que Free met en avant cette limite uniquement dans le cadre d’un passage du forfait Free Max au forfait à 2€ sur sa page d’assistance dédiée, mais aucune mention n’est faite pour le passager du forfait Free Max au forfait 5G+. Pour preuve, les captures des deux articles d’assistance dédiée sur le site de l’opérateur à l’heure où nous écrivons ces lignes :
Face à ce modèle d’abonnement, Ubigi défend une approche radicalement différente : payer uniquement pour ses besoins réels. Selon la marque, le budget moyen annuel pour une utilisation eSIM tourne autour de 35 euros, très loin du coût annuel d’un forfait premium comme Free Max. Cette logique séduirait particulièrement les utilisateurs qui voyagent ponctuellement et souhaitent éviter un abonnement permanent.
L’idée défendue par Ubigi est simple : plutôt que de payer toute l’année pour un service utilisé quelques semaines, mieux vaut activer une connectivité uniquement au moment opportun. A noter cependant que la vision annoncée de Free derrière cette offre Max est avant tout de démocratiser l’illimité (y compris en France, pas seulement à l’international) et d’abolir les frontières. Deux projets complètement différents donc.
Mais au-delà du prix ou du volume de données, Ubigi insiste sur un point souvent ignoré : la qualité technique de la connexion. Latence, stabilité (jitter), perte de paquets… autant de critères essentiels pour les usages modernes comme la visioconférence, le cloud ou les VPN professionnels.
La différence tient notamment à l’architecture réseau, explique Unigi. Ainsi, l’entreprise explique que le roaming traditionnel fait transiter les données via le pays d’origine, ce qui augmente la latence tandis que les solutions eSIM comme Ubigi utilisent des infrastructures réparties dans le monde, permettant un accès plus direct et plus rapide. Il cite ainsi le Latency Report 2025, Ubigi met en avant des performances nettement supérieures, avec une latence jusqu’à cinq fois plus faible dans certaines situations.
Derrière cette prise de parole, c’est en réalité une opposition de visions qui se dessine. D’un côté, les opérateurs historiques comme Free misent sur des offres globales, simples à comprendre, mais potentiellement surdimensionnées pour certains usages. Chez Free, ce choix est assumé pour notamment permettre un meilleur confort de l’abonné, arguant que la plupart des abonnés à l’étranger coupent leur data par peur du hors forfait.
De l’autre, des acteurs spécialisés comme Ubigi privilégient une approche plus ciblée, centrée sur un usage chiffré, mais plus proche de la réalité actuelle, la flexibilité et la performance technique. Le lancement de Free Max illustre ainsi une évolution du marché : la connectivité internationale devient un enjeu central, et les frontières entre opérateurs traditionnels et spécialistes de la mobilité commencent à s’estomper.
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