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Brèves

Avant son rachat, SFR veut montrer patte blanche et régler ses litiges

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SFR tente de solder les litiges hérités de l’affaire Pereira avant un éventuel rachat.

Alors que l’avenir de SFR pourrait se jouer dans les prochains mois, les comptes de l’opérateur au carré rouge sont scrutés de près par ses principaux concurrents, Orange, Bouygues Telecom et Free. Tous examinent en détail les passifs potentiels du groupe dans la perspective d’un éventuel rachat. Parmi leurs préoccupations figure notamment le scandale lié à Armando Pereira, ancien numéro deux du groupe, mis en examen en 2023 au Portugal pour des soupçons de blanchiment et de corruption.

La justice portugaise soupçonne l’ancien directeur opérationnel d’avoir favorisé certains fournisseurs proches en échange d’avantages occultes. Face à ce dossier sensible, Patrick Drahi s’emploie depuis plusieurs mois à rassurer d’éventuels acquéreurs en réglant progressivement les litiges liés à cette affaire selon l’Informé. L’homme d’affaires multiplie les accords amiables avec des prestataires écartés par le passé, afin d’éviter de nouvelles procédures judiciaires.

Un nouveau litige réglé avec Aciernet

Après les règlements conclus avec les sociétés JSC et Tirion, un autre contentieux semble désormais clos. Selon plusieurs informations, Aciernet France, qui réclamait près de 19 millions d’euros devant le tribunal de commerce de Paris, a finalement retiré sa plainte. Cette décision met fin à la procédure engagée en juin 2025.

Aciernet est un revendeur et installateur d’équipements télécoms, notamment de matériels produits par Cisco. À l’époque où Armando Pereira dirigeait les opérations du groupe Altice, ces équipements étaient achetés non pas directement auprès du constructeur américain, mais via plusieurs intermédiaires. Ces sociétés prélevaient au passage différentes commissions.

Dans ce système, les commandes passaient notamment par Aciernet, qui reversait ensuite une partie des montants à des entreprises liées à Hernani Vaz Antunes, un proche d’Armando Pereira.

Les montants en jeu étaient conséquents. En 2022, les commandes de SFR auprès d’Aciernet en France ont atteint environ 36 millions d’euros. Au Portugal, Aciernet aurait versé 166 millions d’euros sur cinq ans à plusieurs sociétés contrôlées par Hernani Vaz Antunes. À cela s’ajoutent les achats réalisés par la filiale américaine du groupe Altice, dont le montant exact n’est pas connu.

Selon les enquêteurs portugais, ce dispositif reposait sur des contrats présentés comme des prestations de développement ou de supervision, permettant en réalité de redistribuer des commissions à différentes structures contrôlées par l’entourage d’Armando Pereira. Lorsque l’affaire éclate à l’été 2023, SFR met immédiatement fin à ses relations avec Aciernet France. La société se place ensuite en liquidation amiable avant de réclamer des indemnités à l’opérateur.

De son côté, Econocom lance une enquête interne. Selon le groupe, celle-ci a mis en évidence des manquements graves imputables à Franck Vergriete. L’entreprise a engagé des poursuites judiciaires contre son ancien dirigeant et l’a révoqué de la présidence d’Exaprobe. Malgré cela, l’ex-dirigeant détient toujours 20 % du capital de cette filiale, qui emploie 225 salariés et a réalisé 142 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024.

Une dette et d’autres risques financiers

Au-delà de ces litiges, les potentiels acquéreurs de SFR examinent également d’autres éléments du passif du groupe. Officiellement, la dette de l’opérateur atteint 16 milliards d’euros. Mais plusieurs éléments viennent alourdir la facture. Une titrisation d’environ 772 millions d’euros a récemment été révélée. À cela s’ajoutent environ 1,1 milliard d’euros de redressements fiscaux liés à différents montages autour de la TVA, ainsi qu’une série de contentieux déjà provisionnés à hauteur de 196 millions d’euros.

Parmi les dossiers sensibles figure également l’utilisation du chômage partiel pendant la pandémie de Covid-19. Entre mars et mai 2020, SFR avait placé environ 4 200 salariés en activité partielle, dont près de 2 700 employés de boutiques. Une décision vivement critiquée à l’époque par les syndicats, qui estimaient que l’activité de l’entreprise ne justifiait pas une telle mesure. Un contrôle de l’Urssaf a depuis été engagé. Il pourrait déboucher sur un redressement financier, même si le montant évoqué resterait limité au regard de l’endettement global du groupe.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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Lucas Musset

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