Le fléau des appels frauduleux atteint désormais un niveau record, l’usurpation de numéro explose avec des attaques massives
Le régulateur des télécoms publie ce 16 février son bilan annuel 2026 de la plateforme « J’alerte l’Arcep », et un chiffre frappe immédiatement : les signalements liés aux appels et messages non sollicités ont littéralement explosé en 2025, confirmant que la fraude téléphonique est devenue un sujet central de régulation.
Rien ne va plus et il faut que ça change. La fraude téléphonique n’est plus un simple irritant commercial, mais un enjeu structurel de confiance dans les réseaux. Et au vu des chiffres 2025, la pression réglementaire ne devrait pas retomber de sitôt. En effet, le nouveau bilan 2025 de “J’alerte l’Arcep” publié 16 février 2026, la plateforme de signalement du régulateur a enregistré 23 383 alertes pour la seule catégorie « appels et messages non sollicités ou abusifs » en 2025, contre 10 973 en 2024. Cela représente une hausse de 113 % en un an, et même +1052 % en deux ans. C’est de loin la progression la plus spectaculaire parmi tous les motifs de signalement.
L’usurpation de numéro au cœur du phénomène
Dans le détail, ce sont surtout les signalements pour usurpation de numéro qui flambent. Le rapport fait état d’une hausse de +123 % entre 2024 et 2025, soit 10 643 signalements supplémentaires en un an.
Cette dynamique fait écho à l’Observatoire de la satisfaction client 2026 : 43 % des consommateurs déclarent avoir été victimes d’une usurpation de numéro au moins une fois au cours des trois derniers mois. Le phénomène n’est donc plus marginal, il est massif.
Ces chiffres alarmant expliquer les décisions récentes du régulateur : évolution du plan de numérotation le 27 novembre 2025, obligation de masquage des numéros mobiles français non authentifiés en provenance de l’international, puis ouverture le 29 janvier 2026 d’une enquête administrative visant l’ensemble des opérateurs attributaires de numéros.
Au total, 70 515 alertes ont été reçues en 2025, tous secteurs confondus. Si les télécoms restent dominants, la fraude téléphonique s’impose désormais comme un axe prioritaire. Sur le marché fixe, les alertes consommateurs reculent légèrement (–2 %), avec environ 34 200 signalements. Sur le mobile, en revanche, elles progressent fortement : +25 % en volume par rapport à 2024. Dans les deux cas, les thèmes dominants restent le déploiement des réseaux et la qualité de service. Mais la rupture de 2025 tient clairement à la catégorie « appels et messages abusifs », devenue l’un des principaux moteurs de la hausse globale.
Lancée en 2017, « J’alerte l’Arcep » a désormais recueilli près de 380 000 signalements cumulés. Même si ces données ne prétendent pas être statistiquement représentatives de l’ensemble du marché, elles permettent d’identifier des pics, des signaux faibles et des dysfonctionnements systémiques. La flambée des alertes sur les appels frauduleux en est l’illustration parfaite : c’est en partie sur la base de ces remontées que le régulateur a fait évoluer le cadre réglementaire.