Déploiement des sites 4G au ralenti : les opérateurs confrontés à d’importants obstacles

Déploiement des sites 4G au ralenti : les opérateurs confrontés à d’importants obstacles

Le déploiement des sites mobiles 4G en France subit un important coup de frein dans un contexte difficile. Sommé par le régulateur de donner un coup de collier, les opérateurs demandent des aménagements pour retrouver leur rythme habituel et surmonter les importantes difficultés rencontrées.

A l’heure où la crise sanitaire a largement freiné le déploiement des réseaux fibre et 4G, le ton monte entre le régulateur et les opérateurs. Si l’Arcep a notamment évoqué sa volonté de décaler le calendrier du New Deal mobile, son président, Sébastien Soriano a également martelé qu’il n’acceptera pas n’importe quel motif de retard sous prétexte d’un contexte exceptionnel.

Des déclarations jugées “insultantes” par la FFT, “l’heure est à la mobilisation générale pour continuer à déployer, pas à la défiance”, a rétorqué hier son président dans une interview accordée au Figaro. 

Si les opérateurs sont appelés notamment par le régulateur à soutenir financièrement leurs sous-traitants lourdement impactés, la Fédération française des télécoms (Orange, SFR, Bouygues mais pas Free) rappelle que les telcos ont déjà mis en place des mesures comme payer directement leurs factures à leurs fournisseurs sans attendre le délais légal, mais aussi en leur offrant pour certains des primes et parfois en les payants plus cher. L’objectif est désormais de retrouver le rythme de croisière d’avant crise, soit 19 000 lignes FTTH par jour et 600 sites mobiles par mois mais cela ne se fera pas sans “des aménagements législatifs”, a martelé la Fédération.

Constructeurs de pylônes fermés, problèmes d’approvisionnement

Car de multiples obstacles persistent, sur la fibre même si cela s’arrange avec une reprise de l’activité mais aussi sur le déploiement des sites mobiles. Auditionné par la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, Michel Combot, directeur général de la FFT a fait part des difficultés techniques rencontrées par les opérateurs. « La plupart des constructeurs de pylônes sont fermés avec l’impossibilité d’importer des pylônes construits à l’étranger », a-t-il notamment indiqué. L’approvisionnement de produits métalliques mais aussi en béton pose également problème “pour fabriquer les pylônes et les dalles sur lesquelles ils sont posés, “ainsi que des difficultés à trouver des grutiers”.

Le raccordement au réseau d’Enedis

Autre difficulté mise en exergue, le raccordement des sites déjà construits au réseau électrique. « Nous disposons d’un grand nombre de sites qui sont prêts à être allumés, mais Enedis n’a pas prévu de mettre en œuvre son plan de continuation d’activité pour les télécoms qui ne sont pas prioritaires, ce qui nous pose de grosses difficultés », poursuit la FFT. Reste aussi le problème des travaux de voiries et des permissions permettant de bloquer la circulation. Les délais sont jugés trop longs. Par conséquent, il sera très difficile pour les opérateurs de respecter leurs engagements, notamment vis-à-vis du New Deal, en zone rurale. S’agissant, des nouveaux sites à construire dans les campagnes à savoir environ 500 d’ici le 27 juin 2020 sur 1300 identifiés, le compte n’y est pas pour le moment même si Orange, Free, SFR et Bouygues accélèrent. Au total 93 supports ont été mis en service fin mars contre 26 en décembre dernier. D’après la Fédération française des télécoms, 151 autres sites sont déjà prêts à être activés.

Pour rappel, adoptée le 25 mars dernier, une ordonnance porte sur l’adaptation des délais et des procédures applicables à l’implantation ou la modification d’une installation de communications électroniques. La déclaration préalable avant implantation d’une nouvelle antenne n’est temporairement plus obligatoire, les délais consultatifs non plus. Orange, Free, SFR et Bouygues peuvent également “accéder facilement aux parties communes des immeubles et aux toits-terrasses sans les délais administratifs habituels, liés notamment au Code de l’urbanisme” a expliqué le mois dernier le député Eric Bothorel.

 

Source : Zdnet