Pour le fondateur de Free, les entrepreneurs doivent aller “tuer” les monopoles, les “bouffer”

Pour le fondateur de Free, les entrepreneurs doivent aller “tuer” les monopoles, les “bouffer”

Xavier Niel invite les entrepreneurs à partir à la conquête du monde pour protéger la France et son modèle social. L’écosystème est bien plus favorable. Il faut juste ne pas avoir peur de se battre et de “buter” la concurrence, surtout dans le cas de comportements monopolistiques.

Entrepreneur dans l’âme et farouchement opposé à l’installation des monopoles, Xavier Niel a profité d’une entrevue lors la 7e édition de Bpifrance Inno Génération pour réinviter les entrepreneurs français à passer en mode conquête. À ses yeux, l’après-pandémie n’apparaît pas une comme excuse. À la question “on peut encore aujourd’hui après la pandémie”, le fondateur de Free est affirmatif : “c’est le meilleur des moments”.

Un environnement favorable

Selon Xavier Niel, les monopoles ont des faiblesses, telles que le manque d’agilité et d’innovation. “Plus un monopole est fort et puissant, plus il est fragile. Plus vous êtes puissant, plus vous avez des faiblesses, plus vous devenez lent, plus l’innovation devient compliquée pour vous”. “Oui, c’est possible d’aller les bouffer, c’est le terme, c’est un terme de conquête, d’aller les tuer et d’aller les prendre”, explique-t-il.

À l’inverse, le climat est favorable pour les entrepreneurs. Selon Xavier Niel, ils bénéficient d’un écosystème où “tout a été mis en place pour que ça fonctionne” et où “on a même rajouté du quoi qu’il en coûte”. Et de souligner :  “on a même re-rajouté une couche pour aider les entrepreneurs”. Le milliardaire se rappelle le moment où il s’est lancé, comme quelques autres croyant en la possibilité de faire de la France un pays de startups, avec “l’impression de parler dans le vide”. Avec le recul, il n’a “pas l’impression d’avoir gagné une guerre, mais de l’avoir entamée et d’être bien parti pour la gagner”.

Un appétit à avoir

Le fondateur de Free insiste aussi sur le fait que les entrepreneurs doivent également montrer un certain appétit. “On a tous les outils qui sont là, il faut juste que l’on ait des ambitieux, des gens qui ont envie de conquérir le monde, d’avoir une vision plus globale, de ne pas avoir peur de se mettre en face, d’aller se battre contre des monstres, parce ce que c’est là qu’il y a de la création de valeur”. Selon lui, “les monopoles, c’est génial, il faut vraiment aller les taper”. Et d’expliquer qu’“avec l’Internet, de chez soi, on peut devenir le concurrent d’Amazon, on peut vendre un produit de chez soi, et devenir concurrent direct d’Amazon ou de tous les autres”.

Xavier Niel observe d’ailleurs un changement de mentalité vis-à-vis de l’entrepreneuriat. “Ce que je vois c’est que partout dans le monde on a des Français qui commencent à avoir de vraies ambitions, qui n’ont peur de rien, qui ont envie de buter leurs concurrents, c’est sain la concurrence, c’est vraiment sain”, se félicite Xavier Niel. “Il faut aller combattre tous les monopoles. Donc, a de nouveaux monopoles qui se sont créés. On les prend dans l’ordre. Parfois, on leur met même des lettres GAFA, GAFAM ce que vous voulez. Bah, il faut aller les attaquer, sur tous leurs secteurs”, explique-t-il. Et de se remémorer : “ça me rappelle tellement ma propre aventure dans les télécoms que je me dis okay, on a de nouveaux amis qui aiment les positions monopolistiques. Allons-y, allons-y, c’est là où on va créer de la valeur “.

Une nécessité

Le fondateur de Free voit l’entrepreneuriat comme une nécessité. “C’est un besoin pour notre pays, c’est un besoin pour la France, parce qu’on a un modèle social qui est génial. Mais on a besoin de le financer sur le long terme, et on le financera sur le long terme si on crée des entreprises, qui sont des grandes entreprises, qui créent des emplois. Et donc on a besoin des entrepreneurs même pour aller protéger notre pays et protéger notre modèle social. C’est une forme de guerre, mais c’est une guerre positive”, explique-t-il.