Assurance smartphone : trop de Français victimes de vente forcée

Assurance smartphone : trop de Français victimes de vente forcée

Dans son dernier rapport, le médiateur de l’assurance dénonce de mauvaises pratiques commerciales autour des contrats protégeant les mobiles. Certaines tiendraient de l’escroquerie.

Lors de l’achat d’un mobile, que ce soit chez un distributeur ou un opérateur, il n’est pas rare de se voir proposer une assurance pour couvrir l’appareil des dommages et du vol. Le médiateur de l’assurance Arnaud Chneiweis a d’ailleurs publié son rapport annuel, ce lundi 30 août, où il dénonce certaines mauvaises pratiques commerciales aboutissant à des plaintes côté consommateurs. En 2020, ce service aurait représenté 7 % des 10 500 saisines enregistrées autour des assurances dommages.

En cause notamment : le manque de transparence autour de la souscription. “Les assurés n’ont parfois même pas conscience d’avoir adhéré à un contrat d’assurance, dont ils découvrent l’existence en raison des prélèvements sur leur compte bancaire”, explique en effet le rapport, ajoutant qu’“à ce moment-là, il est trop tard pour renoncer au contrat, car le délai de rétractation de quatorze jours fixé par le Code de la consommation est alors dépassé”. Selon le médiateur, l’honnêteté du vendeur entre aussi dans l’équation. “Nombre de témoignages que nous avons reçus font état de ventes forcées”, explique-t-il, avec notamment le cas du vendeur soulignant que son emploi est en jeu et que le consommateur pourra résilier au bout d’un mois. “En droit, cela s’appelle de l’escroquerie” pointe Arnaud Chneiweiss.

Faut-il dénoncer ?

Le médiateur a bien tenté d’enrayer le problème en se rapprochant des entreprises concernées. “Que faut-il faire pour pouvoir être entendu ? Faire du ‘name and shame ? “, s’interroge ainsi Arnaud Chneiweiss face au manque de réaction. “Il est inconcevable que les professionnels ne se rendent pas compte que cette pratique nuit considérablement à leur image”, estime-t-il. Et d’ajouter : “Il faut vraiment faire cesser ces comportements qui sont d’abord contraires à la loi et qui nuisent considérablement à l’image de la profession”.

Pour le médiateur, il existe deux pistes que sont l’amélioration de la formation des vendeurs et un allongement du délai de rétractation à un mois. Arnaud Chneiweiss espère en outre une simplification du parcours pour le consommateur s’estimant lésé, avec une réforme de la saisine de la médiation. “La balle est dans le camp de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution”, explique-t-il.

Il faut relativiser

De son côté, Patrick Raffort, le président de la Fédération des garanties et des assurances affinitaires, invite à relativiser les chiffres. D’après lui, les réclamations représentent “quelques centaines sur environ 1 million de nouveaux contrats vendus par an”. Des contrats qui, selon lui, se révèleraient utiles pour le souscripteur. “Dans 9 cas sur 10, ils sont pris en charge”, souligne-t-il concernant les sinistres.

Sources : Les Echos et Capital