Bloctel : le temps presse pour la liste anti-démarchage téléphonique, bientôt sans pilote

Bloctel : le temps presse pour la liste anti-démarchage téléphonique, bientôt sans pilote

La question se pose : qui va gérer Bloctel ? Celle-ci n’est toujours pas tranchée. 

Cinq ans après sa création, la liste de blocage téléphonique se retrouve orpheline de concessionnaire. La société Opposetel, actuellement en charge de Bloctel devait voir ses services cesser fin juin, mais ne sait toujours pas si elle devra toujours gérer la liste d’opposition après la fin septembre 2021.

Si un appel d’offre a bien été lancé en fin d’année dernière, l’éventuel nouvel attributaire de ce service n’a pas encore été annoncé, affirme Eric Huignard, dirigeant d’Opposetel.

Pour rappel, plus de 4 millions de consommateurs ont inscrit presque dix millions de numéros de téléphones sur cette liste, créée en 2016.  Cependant, la recrudescence des plaintes pour démarchage téléphonique atteste du manque d’efficacité du procédé.

Pas de cap précis

La gestion de ce dossier n’a toujours pas fait consensus durant plusieurs quinquennats. L’Arcep avait pour sa part proposé de créer un dispositif qui permettrait d’identifier les sociétés commanditant des campagnes de télémarketings, afin de réguler les pratiques via les opérateurs télécoms, mais le Conseil d’Etat a rejeté la proposition en février dernier.

A titre de comparaison, un dispositif de ce genre est mis en place aux Etats-Unis, contraignant les opérateurs qui routent les appels jugés illégaux à ne plus les transporter.

« Après le couac récent, sur un autre appel d’offres (celui qui avait désigné Adrexo comme société en charge, avec la Poste, de la distribution de la propagande électorale et dont on a constaté le caractère étonnant ), la procrastination sur le nouveau concessionnaire de Bloctel n’est pas une bonne nouvelle », indique un bon spécialiste des marchés publics interrogé par en-contact.

Ce dernier estime que “le marché confié à Opposetel représentait, sur la période de cinq ans, une somme garantie de 20 millions d’euros. Une somme qui pourrait judicieusement être allouée à des combats et des dispositifs plus en phase avec la nature du problème. ” Cette année encore, le débat est houleux sur ce sujet et des propositions de lois plus sévères sont faites, notamment au Sénat.