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Selon Le Figaro, Bouygues a essayé de s’emparer de SFR au printemps

Le Figaro  annonce ce soir que Bouygues a manoeuvré ce printemps pour tenter de racheter SFR, confirmant ainsi une information déjà lancée par l’agence Bloomberg il y a quelques mois. Le Figaro explique pour sa part qu’en avril dernier « Bouygues Telecom aurait pris contact avec des investisseurs et notamment le fonds CVC Partners pour formuler une offre de rachat ». Pour le Groupe de Martin Bouygues, cette solution permettait de partager les coûts et les risques d’une opération rachat estimée à 9 milliards, auxquels s’ajoute la reprise de la dette de 15 milliards d’euros actuellement (soit une valorisation totale de SFR de 24 milliards d’euros).

La disparition d’un des 4 opérateurs télécom aurait ainsi permis de générer « 25 milliards d’euros de synergies par an »selon Le Figaro. Mais l’opération n’a finalement pas abouti, en tous cas pour le moment, notamment car «Patrick Drahi n’a pas le couteau sous la gorge, en dépit de la dette. Il n’y a pas d’urgence» a indiqué un observateur. Pour autant, « tous les acteurs sont d’accord pour dire qu’il y a un opérateur de trop, mais personne n’est d’accord pour vendre» explique l’un de ces opérateurs.

Source : Le Figaro 

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COMMENTAIRES DES LECTEURS (32)
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Posté le 08 juin 2018 à 14h59
noblemomo a écrit
"Patrick Drahi n’a pas le couteau sous la gorge, en dépit de la dette" Mdr moi c'est la seule phrase qui m'as bien fais marrer :)

Toujours rien compris toi :) SFR va bien (très bien même, ils regagnent des clients, et la rentabilité est en croissance), malgré la charge actuelle de la dette. Ils n'ont pas d'échéance avant 3 ans, et ont donc 3 ans pour soit augmenter encore la rentabilité, soit rembourser de la dette.

Vu l'argent qu'ils ont sorti ces dernières années en dividendes exceptionnels, ils peuvent se désendetter de 4 milliards en 3 ans sans soucis, ce qui descendrait leur dette à 12 milliards d'ici 2021. Ca signifie notamment un gain de 200M€/an d'intérêt en moins, et un ratio d'endettement plus faible, ce qui améliore la note de la dette, donc plus facile de remplacer leur dette actuelle à plus bas taux.

La plus grosse inconnue à mon avis, c'est ce qu'il va se passer avec les droits sportifs, qui ont coûté très cher, et qui pourraient rapporter un peu si c'est bien vendu. 

Posté le 08 juin 2018 à 15h06
Michael Good a écrit
CH56 a écrit NiPenseMemePas a écrit 25 milliards/an de synergie? Bonsoir NiPenseMemePAS Le Figaro l'affirme, et ils vont être crédibles hélas.  Ils auraient pu dire le double, de toute façon personne ne comprend et ne sait évaluer de telles sommes. Pour donner une échelle, par exemple Free en 2017 c'est 1,4 Md€ d'investissements(hors achat de fréquences). Si grouper Free et un autre opérateur groupe les "synergies" (ça ne veut rien dire) allez, soyons bons princes, on va dire tripler ou quadrupler ces investissements en les mettant en commun avec l'autre. 25 milliards : Des mots sur une feuille, rien de plus. Tout ça est bidon, n'intéresse que les spéculateurs. Je dis bien spéculateurs, pas investisseurs. Des investisseurs eux seraient intéressés à pousser concrètement et immédiatement à des mutualisations d'équipements redondants, mais ça doit être moins sexy pour la Bourse que des mois de rumeurs de rachat. Ce chiffre est simplement du marketing financier des banquiers d'affaires (qui ne sont payés que si le deal se fait, c'est dire s'il sont objectifs) qui est repris en coeur par la presse et les analystes financiers qui font la "commercialisation" des deals...En pratique, ce sont les petites mains, souvent stagiaires qui font ce travail passionnant. C'est, en fait, une actualisation (à quel taux ?) des flux de synergies à venir (estimées "scientifiquement") à l'infini (cela revient à dire que l'avantage économique créé se maintient à l'infini...ce qui revient en fait à supposer que les concurrents ne bougeront pas, eux aussi). Ces actualisations sont surtout connues pour permettre de justifier à peu près n'importe quel chiffre. Souvent, il n'inclus pas les dépenses, substantielles, d'intégration et de restructurations que ce type d'opération suppose. Ce qui est plus comique, c'est que ce chiffrage marketing (si vous voulez rire, allez voir le dernier deal annoncé par T-Mobile USA), ne tient pas compte des mesures qu'exigeront forcément des autorité de la concurrence pour envisager/autoriser de tels deals. Enfin, ces bénéfices totalement théoriques, pour ne pas employer d'autres qualitatifs, ne sont jamais comparées au primes payées pour acquérir tel ou tel groupe. C'est dire si les fondements économiques de telles opérations est solide.... Quand Telefonica Deutschland a racheté E-Plus au néerlandais KPN, les synergies annoncées étaient supérieures à 5 milliards d'euros (toujours avec cette méthode "scientifique"). 5 ans plus tard, le cours de Telefonica Deutschland est près de 20% inférieur à celui au moment de l'annonce : où sont passées ses "synergies" ?

Je suis d'accord avec toi sur l'interpration du 25Mds€, cependant il n'est pas écrit "25 milliards d'€ de synergies pour Bouygues", mais pour le secteur. Cependant si Bouygues récupère SFR, la majorité irait très probablement vers ce nouveau groupe, et une partie vers les concurrents. 

Cela signifie que BSFR aurait droit à environ 10 milliards de synergies, en plus de la valorisation initiale du groupe, qui serait de l'ordre de 15 Mds (9 net pour SFR, 6 net pour Bouygues Telecom). Free en récupèrerait probablement 6 et Orange 9. A la louche bien sûr. Mais ça signifierait que l'entité BSFR vaudrait dans les 15Mds, Free dans les 16Mds (-dette), et Orange dans les 40+9Mds (-dette). 

Mais comme les opérateurs devraient investir plus, c'est probablement pas aussi simple que ça, cependant ce serait une bonne chose pour la compétitivité internationale de nos opérateurs :)

Posté le 08 juin 2018 à 15h11
Michael Good a écrit
Quand Telefonica Deutschland a racheté E-Plus au néerlandais KPN, les synergies annoncées étaient supérieures à 5 milliards d'euros (toujours avec cette méthode "scientifique"). 5 ans plus tard, le cours de Telefonica Deutschland est près de 20% inférieur à celui au moment de l'annonce : où sont passées ses "synergies" ?

Dividendes? Effet de holding? (Bouygues vaut bien moins que la somme des valeurs de ses filiales).

SFR a été racheté par Drahi, il y a eu beaucoup de synergies, mais SFR a perdu beaucoup de clients aussi. Cependant maintenant l'opérateur va plutôt pas mal, et c'est là où ça commence à payer (3 ans plus tard?). Donc je dirais RV dans 2 ans pour faire le bilan. En tout cas Altice qui valait 2 milliards à l'époque en vaut bien plus maintenant, sans apport d'argent extérieur, pur LBO. 

Pour Bouygues c'est un peu différent, ça voudrait dire ajouter encore plus de dette à l'entité achetée (9 milliards en plus des 14 milliards), et ça valoriserait SFR (ou Altice Europe peut être) bien plus cher que ce qu'ils ont été achetés.

Posté le 08 juin 2018 à 22h34
CH56 a écrit
Michael Good a écrit Ce chiffre est simplement du marketing financier des banquiers d'affaires (qui ne sont payés que si le deal se fait, c'est dire s'il sont objectifs) qui est repris en coeur par la presse et les analystes financiers qui font la "commercialisation" des deals...En pratique, ce sont les petites mains, souvent stagiaires qui font ce travail passionnant. C'est, en fait, une actualisation (à quel taux ?) des flux de synergies à venir (estimées "scientifiquement") à l'infini (cela revient à dire que l'avantage économique créé se maintient à l'infini...ce qui revient en fait à supposer que les concurrents ne bougeront pas, eux aussi). Ces actualisations sont surtout connues pour permettre de justifier à peu près n'importe quel chiffre. Souvent, il n'inclus pas les dépenses, substantielles, d'intégration et de restructurations que ce type d'opération suppose. Ce qui est plus comique, c'est que ce chiffrage marketing (si vous voulez rire, allez voir le dernier deal annoncé par T-Mobile USA), ne tient pas compte des mesures qu'exigeront forcément des autorité de la concurrence pour envisager/autoriser de tels deals. Enfin, ces bénéfices totalement théoriques, pour ne pas employer d'autres qualitatifs, ne sont jamais comparées au primes payées pour acquérir tel ou tel groupe. C'est dire si les fondements économiques de telles opérations est solide.... Quand Telefonica Deutschland a racheté E-Plus au néerlandais KPN, les synergies annoncées étaient supérieures à 5 milliards d'euros (toujours avec cette méthode "scientifique"). 5 ans plus tard, le cours de Telefonica Deutschland est près de 20% inférieur à celui au moment de l'annonce : où sont passées ses "synergies" ? Bonjour Je partage tout à fait. Il semble en particulier que personne ne sache chiffrer les coûts d'intégration de deux réseaux de la taille de ceux des opérateurs français. Par ailleurs, l'un des arguments de l'alliance Sprint T-Mobile est justement qu'elle ne se fait pas sur un marché à 4 opérateurs. ;-)Tiens donc ? Ce qui ne va pas les empêcher d'ailleurs d'avoir encore à se justifier sur les conditions d'exercice de la concurrence. Petite citation de la dédicace du regretté Bernard Maris aux économistes :"A l'économiste inconnu, mort pour la guerre économique, qui toute sa vie expliqua magnifiquement le lendemain pourquoi il s'était trompé la veille, à tous ceux, bien vivants, qui savourent le mot gratuité."

CH56,

le deal que veulent faire T-Mobile et Sprint a déjà été bloqué (de manière préventive) il y a quelques années par les autorités de la concurrence américaines...Et le DoJ avait formellement bloqué le projet de rachat de T-Mobile USA par AT&T (qui se proposait aussi de passer le marché de quatre à trois). Je me souvient avec émotion du management d'AT&T faisant alors part de sa totale confiance quant à l'accord du DoJ....

Ce qui est encore plus comique, c'était que l'argumentaire de base était centré de la nécessité de la fusion pour cause d'investissement dans la 4G.... La nouvelle tentative T-Mobile USA-Sprint a aujourd'hui comme argument principal l'investissement dans la 5G !

Au passage, le passage de quatre à trois opérateurs a récemment aussi été bloqué à deux reprises en Europe, par Mme Vestager (Danemark, Royaume-Uni), mais aussi en Israël.

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Normand BZH
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270 points
Posté le 09 juin 2018 à 01h59

Il y en a forcément un de trop, mais c'est forcément l'autre

Finalement, tout va bien, personne ne veut vendre, c'est que c'est rentable à 4

Le reste c'est du papier et de l'encre !

Posté le 09 juin 2018 à 15h25
Normand BZH a écrit
Il y en a forcément un de trop, mais c'est forcément l'autre Finalement, tout va bien, personne ne veut vendre, c'est que c'est rentable à 4 Le reste c'est du papier et de l'encre !

bonjour Normand BZH ,

vous avez raison sur ce point, je vous confirme qu'il n'y a aucun des quatre acteurs français qui soit non rentable. C'est, très fondamentalement, pour cette raison qu'il n'y a aucune nécessité (sauf aux yeux des banquiers d'affaires, dont c'est un des fantasmes) de cette fameuse "consolidation", à propos de laquelle on nous rebat les oreilles.

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