Soriano bien inspiré entre Star Wars et la Bible : le coté sombre des télcos européens n’a qu’à bien se tenir

La régulation des télécommunications en Europe sera plus forte que le côté sombre de la force, c’est le padawan Soriano qui l’affirme. Le tout grâce au “code européen des télécommunications” comparé au détour d’une phrase aux tables de la loi dans la Bible. 

 
Sébastien Soriano, président de l’ARCEP et président 2017 du BEREC, l’organe représentant les régulateurs européens des télécommunications, a accordé un interview très inspiré à Catherine Stupp pour le site Euractiv.
 
Toujours plus de régulation
 
La régulation européenne doit être forte même si confier le pouvoir aux grands acteurs en espérant qu’ils investissent plus rapidement semble tentant. Soriano utilise la citation de Star War pour mettre en garde et affirmer qu’il prendra le chemin de la régulation (celui qui semble le moins rapide) car c’est également le plus fort : "dans l’Empire contre-attaque à la question : Le côté sombre est-il plus fort ? Yoda dit : "non, c’est plus rapide, c’est plus facile, c’est plus séduisant, mais ce n’est pas plus fort". Il continue en s’expliquant : “Vous pourriez donc espérer que, en donnant une sorte de carotte à ces gars, ils investiront davantage et atteindront l’objectif politique. Mais ce que nous avons connu en Europe au cours des 20 dernières années, c’est que ce n’est absolument pas la solution. Les faits parlent.”
 
Réglementation des duopoles
 
Soriano défend la proposition de travailler à une réglementation pour limiter à tout prix les duopoles (deux sociétés dominant un marché) “Un duopole est un cauchemar, non seulement pour les consommateurs. C’est un cauchemar pour les régulateurs et c’est un cauchemar pour l’investissement. C’est vraiment ce que nous devons éviter 100%.”
 
Le BEREC
 
Il affirme ne pas vouloir que le BEREC soit défini comme un lobby, il s’agit d’experts indépendants qui donnent leur avis lorsqu’on le sollicite. Par ailleurs il se positionne contre l’idée proposée par la Commission de faire du BEREC une agence européenne à part entière. Cela n’apportera de solutions à aucuns des problèmes auxquels font face les régulateurs des pays membres. “La proposition qui a été mise sur la table entraînerait moins d’indépendance et placerait l’ORECE sous l’égide de la Commission”.
 
Plus d’attention sur les start-ups et moins sur la technologie 5G
 
Selon lui, les débats sur la 5G et l’internet des objets masquent le fond du problème. La 5G ne sera pas la révolution attendue et décriée mais une évolution technique bénéfique qu’il faudra savoir mettre à profit. La vraie question pour Soriano est comment faire en sorte qu’en Europe des start-up réussissent à grandir et devenir des géants du web au même que les GAFA. Dans une volonté pédagogique il explique que l’Europe se concentre trop sur l’interrupteur sur lequel appuyer sans vérifier que cela produit un effet concret “Vous pouvez appuyer sur le bouton «Révision de la structure des télécommunications», mais le fait que vous puissiez appuyer sur le bouton ne signifie pas que le bouton allume quelque chose dans la pièce”.