SFR, et donc Patrick Drahi, pourrait transférer son service client vers Altice. Ceci inquiète aujourd’hui les salariés en interne. Cette inquiétude est née lors du comité de groupe du jeudi 22 septembre, où Michel Paulin a fait plusieurs annonces concernant les grandes orientations stratégiques de l’opérateur, comme le partage le Monde.
La direction de SFR a annoncé aux syndicats que 1.400 des 1.660 salariés du service client quitteraient le giron de l’opérateur afin de fusionner avec Interlcia, opérateur de centre d’appels franco-marocain, qui est en cours de rachat par Altice, et qui emploie 1.500 personnes en France.
Une fois cette opération réalisée, Altice créera une nouvelle filiale française pour y intégrer l’ensemble de ses centres d’appels. Pour les représentants du personnel, il s’agit d’une externalisation des salariés de SFR chez Altice, mais pour un porte-parole du groupe, "on ne peut pas parler d’externalisation. Tous les salariés appartiennent à Altice-SFR".
"Nous avons des projets et la productivité est un peu plus secondaire"
Cependant les craintes sont là. Notamment celle que SFR en profite pour réduire les coûts. Que l’opérateur au carré rouge en profite pour remettre à plat les acquis des salariés, 15 mois après le changement opéré, en revoyant les horaires, la convention collective, le traitement salarial ou même la mutuelle.
"Nous sommes beaucoup plus concentrés sur la valeur ajoutée, nous avons des projets et la productivité est un peu plus secondaire", explique Fabrice Pradas, délégué syndical central de l’UNSA, par rapport à un prestataire classique.
"L’intéressement et la participation sont calculés sur l’entité SFR, et pas Altice", affirme M. Pradas. "Si cela n’est pas pour faire des économies, pourquoi ne pas rapatrier les salariés d’Intelcia dans le service client existant de SFR, et leur donner de meilleures conditions de travail ?", s’interroge le syndicaliste. "C’est une logique de réduction de coûts pure et dure", complète Xavier Courtillat, de la CFDT.
La direction ne pourra pas licencier dans la nouvelle filiale
De plus, les salariés de SFR se demandent s’ils devront travailler pour d’autres clients comme c’est le cas actuellement pour Intelcia. Cependant, une chose est sûre, la direction ne pourra pas licencier dans la nouvelle filiale, suite à l’accord de cet été. Si elle le fait, elle devra embaucher de nouvelles personnes dans le pôle télécom.
Cette restructuration inquiète le gouvernement, qui s’interroge sur la capacité de SFR à opérer et à investir dans les réseaux avec un tiers des effectifs en moins. À Bercy, on a prévu de rencontrer les responsables de l’opérateur afin d’obtenir des garanties.
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