Le téléchargement illégal toujours aussi populaire malgré les efforts des diffuseurs

Le téléchargement illégal toujours aussi populaire malgré les efforts des diffuseurs
 
Légal ? Ou illégal ? Concernant le téléchargement, la question est couramment soulevée par les internautes mais aussi par les politiques, qui prennent le sujet de plus en plus au sérieux. Mais, en 2015, soit six ans après la promulgation de la première loi Hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet), pourquoi les pirates continuent-ils de télécharger ? Quel est le moyen privilégié par les internautes français dans le téléchargement ?
 
En politique, il est souvent dit que la théorie est généralement assez différente de la pratique. Un dicton qui peut s’appliquer à la loi sur le téléchargement, Hadopi, qui est censé être répressive envers les internautes téléchargeant illégalement. Une peine pour délit de contrefaçon pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende. Selon le journal Le Parisien, à l’heure d’aujourd’hui, la punition la plus sévère délivrée par l’autorité s’élève à 800 €, bien loin de ce que la loi prévoit en matière de sanctions. François Hollande a promis, pendant la campagne présidentielle de 2012, de "supprimer Hadopi" au cours de son mandat. Les actions se font, depuis, attendre, obligeant la ministre de la culture, Fleur Pellerin, a monté au créneau début janvier en proposant plus de pédagogie et moins de répression pour les internautes téléchargeant illégalement, en les redirigeant vers des sites légaux, proposant, par exemple, du streaming. C’est le cas notamment pour Spotify ou Netflix, proposant tout deux un abonnement par mois pour accéder à un large choix de musique pour le premier et de films et séries TV pour le deuxième.
 
Des alternatives légales contre le téléchargement
 
Le streaming est un des moyens les plus privilégiés actuellement par les internautes évitant les "torrents" comme moyen de téléchargement. Netflix, bien qu’avec des résultats financiers satisfaisants (chiffre d’affaires en hausse de 25 % par rapport à l’année dernière), ne rencontre qu’un succès apparemment mitigé en France. Néanmoins, le géant américain refuse de communiquer ses chiffres sur le nombre d’abonnés totaux dans l’hexagone. Une majorité de français, selon un sondage IFOP réalisé en 2014, pensent d’ailleurs que ces offres "limitent fortement les pratiques de téléchargement illégal". Concernant la musique, une astuce existe pour ceux souhaitant avoir les albums de leurs choix sans passer par la toile : une médiathèque. En effet, l’emprunt de CD étant légale, les musiques peuvent être graver sur ordinateur pour un usage strictement personnel. Ce n’est qu’à partir du moment où le contenu musical est partagé sur le web que l’activité devient illégale. 
 
Le réalisateur de Game of Thrones estime le téléchargement illégal "utile"
 
Même si les chiffres récents ont tendance à faire penser à une augmentation des moyens légaux de consommation de contenu sur internet, certains producteurs et réalisateurs reconnaissent tout de même une certaine utilité au téléchargement illégal. David Petrarca, réalisateur d’une trentaine d’épisodes de la, désormais culte, série "Game of Thrones", déclarait dans une interview en février 2013 que la popularité de l’émission était dû à un "cultural buzz", GOT étant, en 2012, la série la plus téléchargé illégalement sur internet. Néanmoins, Home Box Office (HBO), la chaîne qui produit la série, à tout de même annoncé récemment avoir fait "la chasse" aux internautes ayant téléchargé les quatre premiers épisodes de la saison 5 de manière illégale dans un récent article, en coopération avec son partenaire anti-piratage, IP-Echelon. Voici le message que certains "pirates" ont pu recevoir : 
 
 

 
 
Cela ne décourage pas pour autant les "pirates" en herbe qui continuent à télécharger de manière illégale comme Stéphane, hacker à ces heures perdues, qui s’est confié récemment à notre rédaction : " J’ai déjà reçu un courrier d’Hadopi car j’avais téléchargé une série complète mais je continue malgré tout. Je ne souhaite pas changer mon comportement de si tôt" confie t’il "L’avantage du téléchargement est qu’on a une présence physique des fichiers sur le disque dur, on a pas besoin d’une connexion internet pour y accéder". Et lorsqu’on l’interroge sur ces motivations à télécharger illégalement, les réponses sont explicites : " Je refuse de payer pour un film ou un album à 10 euros en sachant que je peux aller sur n’importe quel site de torrent pour en avoir un gratuitement. Les abonnements, comme Netflix par exemple, ce n’est vraiment pas mon truc. Je télécharge légalement du multimédia uniquement lorsque le contenu est gratuit". 
Stéphane fait, en effet, partie de ces premières générations de pirates, très attaché à l’accessibilité des contenus. Il avoue néanmoins payer légalement pour ses jeux vidéos : "Je paye des jeux sur Steam et j’achète beaucoup de DLC car on a accès à du contenu qu’on ne pourrait pas trouver en téléchargeant le jeu illégalement"
 
Des arguments que les professionnels du multimédia ont rapidement compris, certains ayant décidé de réagir face aux pratiques illégales des internautes comme CanalPlay, qui propose son service "download to go" avec des films et séries disponible à tout moment, hors connexion.
 
Le téléchargement reste un débat qui continue à faire parler les internautes, chacun trouvant ses arguments et ses astuces face à une législation souvent considéré comme "laxiste" en France par rapport aux Etats-Unis.