IPTV illégale : l’Arcom veut couper volontairement les flux pirates en plein match pendant le Mondial
Les utilisateurs d’IPTV pirates pourraient avoir une mauvaise surprise pendant le Mondial. L’Arcom prépare un système capable de couper les diffusions illégales en plein match.
À l’occasion de la Coupe du monde, l’Arcom prépare un dispositif renforcé contre le streaming illégal. Le régulateur prévoit de bloquer en temps réel les flux IPTV pirates afin de limiter la diffusion clandestine des rencontres, avec un risque pour les utilisateurs de voir leur écran se couper en plein match.
La Coupe du monde, qui se déroule du 11 juin au 19 juillet, sera particulièrement surveillée par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Face au risque d’une explosion de l’utilisation des services IPTV illégaux, l’organisme annonce un nouveau dispositif capable d’intervenir directement pendant les matchs.
Pauline Combredet-Blassel, directrice générale adjointe de l’Arcom, a ainsi averti les utilisateurs de services pirates qu’ils pourraient se retrouver avec « un écran noir au moment d’un penalty ». Le principe est de cibler directement les infrastructures utilisées pour diffuser illégalement les rencontres. Lorsqu’une adresse IP sera identifiée comme diffusant un flux pirate, elle pourra être bloquée pendant la durée du match concerné, empêchant la retransmission.
L’objectif est de rendre les blocages plus rapides et plus efficaces. Jusqu’ici, les actions contre les flux illégaux nécessitaient souvent des procédures plus longues, laissant le temps aux services pirates de continuer leur activité pendant les grands événements sportifs. Cette nouvelle méthode a déjà été expérimentée lors de Roland-Garros et doit permettre à l’Arcom de mieux lutter contre les réseaux IPTV qui proposent un accès illégal à des chaînes payantes ou à des compétitions diffusées dans d’autres pays.
Pour la Coupe du monde, l’enjeu est particulièrement important. En France, les droits de diffusion sont répartis entre M6, qui propose certaines rencontres gratuitement en clair, et beIN Sports, qui détient l’intégralité de la compétition. Cette configuration pourrait pousser certains spectateurs à se tourner vers des solutions illégales pour accéder aux matchs non diffusés gratuitement.
L’Arcom veut également renforcer ses moyens d’action en augmentant ses équipes de surveillance et en développant davantage l’automatisation des blocages. Une évolution qui doit notamment être discutée prochainement à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une proposition de loi. Le régulateur espère ainsi réduire fortement l’impact du piratage sportif, un phénomène qui représente un manque à gagner important pour les diffuseurs, les ayants droit et l’ensemble de l’écosystème sportif.
Source : l’Équipe