Bouygues Telecom, Free, et Orange “entrent en négociations exclusives” pour racheter SFR, Patrick Drahi accepte une nouvelle offre de 20,35 milliards d’euros

Bouygues Telecom, Free, et Orange “entrent en négociations exclusives” pour racheter SFR, Patrick Drahi accepte une nouvelle offre de 20,35 milliards d’euros

Six mois après le rejet d’une première offre à 17 milliards d’euros, Bouygues Telecom, Free (groupe Iliad) et Orange relancent l’offensive pour s’emparer de SFR, et font mouche. Les trois opérateurs annoncent l’ouverture de négociations exclusives avec Altice France, avec une offre désormais portée à 20,35 milliards d’euros.

Patrick Drahi a dit oui mais rien n’est encore fait à 100%. Après des semaines de discussions et une première tentative infructueuse, le trio français dégaine une offre largement revalorisée et obtient une exclusivité pour tenter de boucler l’une des plus grandes opérations de consolidation du marché télécoms en France. Dans un communiqué commun, Bouygues Telecom, Free et Orange annoncent ce 17 avril « la remise d’une nouvelle offre et entrent en négociations exclusives avec le groupe Altice France en vue de l’acquisition de SFR ». Cette nouvelle proposition atteint « un montant total de 20,35 milliards d’euros de valeur d’entreprise pour les actifs considérés de Altice France », confirmant une montée significative des enchères.

Le processus s’inscrit dans la continuité de « la suite du process de due diligence initié en 2026 ». Altice France a accordé au consortium « une période d’exclusivité […] jusqu’au 15 mai 2026 afin de finaliser les termes et la documentation de la transaction », laissant entrevoir une possible conclusion rapide.

Les trois groupes mettent en avant une opération structurante dans « un marché mature », qui « tout en assurant la continuité pour les clients de SFR, permettrait » notamment de « renforcer les investissements dans la résilience des réseaux très haut débit, dans la cybersécurité, mais aussi dans l’innovation et les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle », de « consolider la maîtrise d’infrastructures stratégiques pour le pays » et de « préserver un écosystème concurrentiel au bénéfice des consommateurs ». Ils assurent également qu’il s’agit d’« une opération, socialement responsable », visant à « pérenniser et renforcer l’ensemble du secteur de l’économie numérique et des télécommunications en France ».

La répartition proposée

Dans le détail, l’offre porte sur « l’acquisition de la plupart des actifs d’Altice France – SFR », tout en excluant certaines participations et activités, notamment « ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services » ainsi que les activités dans les outre-mer. Le schéma envisagé prévoit un démantèlement partiel de l’opérateur. « L’activité et la clientèle “B2B” seraient reprises par Bouygues Telecom », tandis que « l’activité et la clientèle “B2C” seraient partagées entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange ». Les infrastructures et fréquences seraient elles aussi réparties, avec une exception notable : « le réseau mobile de SFR en zone non dense […] serait repris par Bouygues Telecom ». La répartition financière serait, elle, « de l’ordre de 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free-Groupe iliad et 27% pour Orange ».

Rien n’est encore fait

Reste que l’opération est encore loin d’être finalisée. Elle devra passer par « la consultation préalable des instances représentatives du personnel » puis obtenir « les autorisations réglementaires requises », notamment en matière de concurrence. Les opérateurs le reconnaissent eux-mêmes : « Il n’y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée. »

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox