Rachat de SFR: Orange estime que cette tentative n’est pas comparable aux précédents projets de consolidation

Rachat de SFR: Orange estime que cette tentative n’est pas comparable aux précédents projets de consolidation

Interrogée sur le projet de rachat de SFR, la directrice générale d’Orange affirme que les discussions se poursuivent et que le contexte actuel pourrait permettre d’aboutir là où d’autres tentatives ont échoué.

Dans un entretien accordé à La Tribune, la directrice générale d’Orange, Christel Heydemann, est revenue sur les discussions en cours autour d’un possible rachat d’actifs de SFR. Les négociations sont toujours en cours et se trouvent actuellement dans une phase de vérification approfondie des données financières et juridiques, appelée « due diligence ».

Elle précise toutefois qu’aucun accord n’a encore été trouvé sur la forme que pourrait prendre une éventuelle offre, ni sur son montant. La dirigeante souligne que l’opération reste « très complexe » et que les différents acteurs impliqués prendront le temps nécessaire avant de se positionner, malgré un timing assez serré.

Orange assume son intérêt pour les actifs de SFR

Pour Christel Heydemann, l’intérêt stratégique d’une telle opération est clair. La France constitue le premier marché d’Orange et l’opérateur entend conserver sa position de leader. Or, SFR représente un acteur majeur du secteur avec environ 26 millions de clients, dont 17 millions dans le mobile.

Selon la dirigeante, la reprise d’une partie de ces clients pourrait générer des gains d’efficacité pour les opérateurs concernés. Dans un marché français des télécoms marqué par une croissance limitée, ces économies pourraient permettre de soutenir les investissements dans les réseaux tout en maintenant des prix compétitifs pour les consommateurs.

Plusieurs projets de consolidation du marché français des télécoms ont déjà échoué par le passé. Pour la directrice générale d’Orange, la situation actuelle présente toutefois des différences importantes. Elle souligne notamment qu’il existe aujourd’hui un vendeur clairement identifié et que les discussions entre les différents acteurs sont engagées. Malgré les tensions héritées des précédentes tentatives, les opérateurs chercheraient désormais à trouver un terrain d’entente.

Les fréquences mobiles, un enjeu stratégique

Orange s’intéresse également aux fréquences mobiles détenues par SFR, considérées comme un élément clé pour les opérateurs. Christel Heydemann compare ces ressources à « l’équivalent du moteur pour les voitures ».

Le trafic mobile continue en effet d’augmenter rapidement, avec une croissance estimée entre 15 et 20 % par an. Les fréquences sont donc indispensables pour absorber cette hausse de la consommation de données. La décision finale concernant leur répartition dépendra toutefois de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse.

Christel Heydemann rappelle toutefois que les autorités seront attentives au maintien d’offres accessibles pour les consommateurs, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste sous pression. La France se distingue aujourd’hui par un niveau de couverture fibre élevé et des prix parmi les plus bas en Europe, un équilibre que les pouvoirs publics chercheront à préserver dans le cadre d’une éventuelle consolidation du marché.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox