Orange, Free et Bouygues Telecom devraient proposer une nouvelle offre de rachat de SFR d’ici fin avril, mouvement en coulisses
Après une période de due diligence menée à un rythme inédit, le trio Orange, Free et Bouygues Telecom continuent de négocier entre eux pour aboutir au dépôt d’une nouvelle offre de rachat de SFR.
Selon les informations du média La Lettre, le consortium formé par Orange, Free et Bouygues Telecom devrait présenter une offre ferme pour le rachat de SFR d’ici à la fin avril. La phase de due diligence, ouverte début janvier pour évaluer la situation financière d’Altice France, maison mère de SFR, s’est achevée en un temps record : cinq semaines seulement. Près de 200 experts mandatés par les opérateurs ont participé à cette procédure, finalisée le 8 février.
En octobre dernier, le trio avait déjà formulé une première offre de 17 milliards d’euros, rapidement rejetée par le fondateur d’Altice, Patrick Drahi. Depuis, les discussions se sont poursuivies, alors que la valorisation du groupe serait aujourd’hui proche de 21 milliards d’euros, selon La Tribune. L’objectif affiché serait de finaliser l’opération avant l’élection présidentielle de 2027, ce calendrier serait soutenu par l’exécutif et notamment par Emmanuel Macron afin d’éviter un enlisement du dossier dans un contexte électoral incertain.
Mais au-delà de la question du prix, plusieurs points de négociation continueraient aujourd’hui de freiner la finalisation d’une offre commune par les trois opérateurs. Par ailleurs, plusieurs obstacles demeureront en cas d’accord avec Altice, en particulier sur le plan concurrentiel. Le projet devra être examiné par l’Autorité de la concurrence, qui pourrait imposer des conditions strictes sur la répartition des actifs, l’emploi et l’évolution des tarifs. “Pour éviter tout dérapage dans le long examen du dossier Altice par l’Autorité de la concurrence (ADLC), tout s’est déjà largement joué en coulisses depuis des mois. De nombreux allers-retours informels ont eu lieu entre les différents opérateurs et le gendarme de l’antitrust afin de procéder à des ajustements. La méthode, qui vise à déboucher sur une consultation préalable, est pratiquée dans tous les dossiers concurrence d’envergure. Elle devrait permettre à l’ADLC de traiter le dossier Altice en moins d’un an”, indique enfin La Lettre.