L’Etat veut-il tuer Internet en France ?
Catégorie Presse
, publié le 20 avril 2007 à 22h47 par Olivier Viaggi
Pendant que tous les regards sont tournés vers la campagne présidentielle, le journal Le Monde publie un article qui fait froid dans le dos. En effet, en catimini, le gouvernement prépare un décret qui, s’il était appliqué, tuerait l’Internet "made in France". Sous prétexte de surveiller au plus près les internautes, un décret d’application de la loi sur la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004, exige que les éditeurs de sites, les hébergeurs, les opérateurs de téléphonie fixe et mobile et les fournisseurs d’accès à Internet, conservent toutes les traces des internautes et des abonnés au mobile, pour les délivrer à la police judiciaire ou à l’Etat, sur simple demande.
En substance, devraient être conservés les mots de passe, "pseudos", codes d’accès confidentiels et autres identifiants, numéros de carte bancaire, détails de paiement, numéros de téléphone, adresses e-mail, adresses postales, le numéro de l’ordinateur ou du téléphone utilisé, le moyen d’accès à un réseau, les date et heure d’appel, de connexion et de chacune de leurs consultations ou contributions sur un site Internet.
A tant vouloir être exhaustif, le texte imposerait d’identifier quiconque, en France, aura mis en ligne, modifié ou supprimé une virgule dans son blog, un "chat", ou sur le Web. Techniquement, on peut, certes, tenter de savoir qui s’est connecté à un site et constater sur Internet ce qu’il diffuse à un instant donné.
Mais en cherchant à conserver la trace de la publication d’un contenu qui aura, par la suite, été retiré, le texte impose de facto de mémoriser systématiquement tout ce qui est mis en ligne, modifié et supprimé sur "l’Internet français". De l’avis unanime des spécialistes, c’est économiquement et techniquement impossible. Même les Etats-Unis de George W. Bush et leur "Patriot Act" post-11-Septembre n’ont jamais envisagé pareille conservation ou réglementation, qui soulèverait sans doute l’opinion publique américaine d’aujourd’hui, mais s’opère sans bruit en France.
Le coût, aussi bien pénal qu’économique, d’un tel dispositif serait colossal pour la France. En cas de résistance, ou juste de passivité, la sanction encourue est lourde : les fournisseurs d’accès à Internet ou les sites Internet français qui ne conserveraient pas toutes ces données seront passibles de 375 000 euros d’amende et leurs dirigeants, d’un an d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, sans compter la fermeture de l’entreprise, l’interdiction d’exercer une activité commerciale, etc.
Ce decret liberticide turait d’un seul coup tous les sites associatifs comme Univers Freebox qui n’auraient ni les moyens financiers, humains ou economiques pour le faire appliquer.
Lire l’intégralité de l’article du Monde
En substance, devraient être conservés les mots de passe, "pseudos", codes d’accès confidentiels et autres identifiants, numéros de carte bancaire, détails de paiement, numéros de téléphone, adresses e-mail, adresses postales, le numéro de l’ordinateur ou du téléphone utilisé, le moyen d’accès à un réseau, les date et heure d’appel, de connexion et de chacune de leurs consultations ou contributions sur un site Internet.
A tant vouloir être exhaustif, le texte imposerait d’identifier quiconque, en France, aura mis en ligne, modifié ou supprimé une virgule dans son blog, un "chat", ou sur le Web. Techniquement, on peut, certes, tenter de savoir qui s’est connecté à un site et constater sur Internet ce qu’il diffuse à un instant donné.
Mais en cherchant à conserver la trace de la publication d’un contenu qui aura, par la suite, été retiré, le texte impose de facto de mémoriser systématiquement tout ce qui est mis en ligne, modifié et supprimé sur "l’Internet français". De l’avis unanime des spécialistes, c’est économiquement et techniquement impossible. Même les Etats-Unis de George W. Bush et leur "Patriot Act" post-11-Septembre n’ont jamais envisagé pareille conservation ou réglementation, qui soulèverait sans doute l’opinion publique américaine d’aujourd’hui, mais s’opère sans bruit en France.
Le coût, aussi bien pénal qu’économique, d’un tel dispositif serait colossal pour la France. En cas de résistance, ou juste de passivité, la sanction encourue est lourde : les fournisseurs d’accès à Internet ou les sites Internet français qui ne conserveraient pas toutes ces données seront passibles de 375 000 euros d’amende et leurs dirigeants, d’un an d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, sans compter la fermeture de l’entreprise, l’interdiction d’exercer une activité commerciale, etc.
Ce decret liberticide turait d’un seul coup tous les sites associatifs comme Univers Freebox qui n’auraient ni les moyens financiers, humains ou economiques pour le faire appliquer.
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COMMENTAIRES DES LECTEURS (134)
Afficher les 129 premiers commentaires...
Vos échanges sont passionnants et passionnés mais je n'ai toujours pas la réponse. Avant que je m'en aille voter, quel candidat, ayant une chance sérieuse de l'emporter, est le plus rassurant s'agissant de libertés publiques, notamment l'internet ? Merci de vos éclairages
c'est simple avec l'ancien ministre de l'interieur qui voudrait mettre un policier ou une camera derriere chaque citoyen et qui a deja la main mise sur la plupart des medias (internet serait le prochain ...) on serait constamment surveilles au mepris de toutes libertes individuelles ... quant a son challenger elle a deja demontre l'utilite qu'elle voudrait d'internet : un lieu d'echanges d'idees et d'opinions accessible au plus grand nombre ;-)
Hello.
Si jamais ce décret est validé, aujourdhui ou demain.
Petite question: cela sert à quoi de recuperer des mots de passes? :-o
Aucun mots de passes est lisibles sous Unix par exemple: on change de mot de passe ou on donne un droit privilégié.
Donc, donner les mots de passes de votre freebox (yé, affablissement de la sécurité wifi, ..), de votre compte client (donc compte email), de votre blog...
Vous pouvez mettre à la poubelle votre firewall..:-(( .
Et si le fournisseur de service ne vous permet pas de changer de mot de passe facilement => surveillance possible à vie et complètement transparente (Echelon et ses grosses antennes peuvent partir à la ferraille).
Bon, il va meme falloir crypter à donf son reseau local.....
Ségo écoute un peu plus le peuple que ne le fait Sarkoléon persudé qu'il a toujours raison et qu'il détient la vérité ultime.
On vit dans un monde complexe et ses simplifications me font flipper grave. Dernier en date, sa comparaison de l'élection présidentiel et d'une finale de math de foot je trouve cela top bof car cela n'a rien à voir. Entre gagner une coupe et se retrouver à la tête d'un pays comme la France, il y a quelques nuances que NS ne semble pas capter à moins qu'il ne fasse de l'électoralisme primaire ce qui est, à mon sens, encore plus grave car c'est vraiment prendre les gens pour des imbéciles en leur servant des métaphores digne du cours préparatoire...
Très inquiétant pour être franc et français !
ooouuuu cela me rappel ce cher monsieur aol qui avait garder ce type de données et qui, comme par hasard avait divulguer ces informations sur le net..
a part que la ce sera a la demande et la discretion de n'importe quel officier de la police qui pourra genereusement faire joujou avec votre carte bleue, vos mot de passe et peut etre meme faire annuler votre abonnement edf sans etre obliger de donner une quelque explication sous couvert de secret d'investigation.
ca craint si c'est votre voisin.
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