L’Etat impose de nouvelles règles pour éviter les pannes d’ascenseur avec la fin de la 2G et de la 3G

L’Etat impose de nouvelles règles pour éviter les pannes d’ascenseur avec la fin de la 2G et de la 3G

Alors que les professionnels alertent sur les risques posés par la fin de la 2G et 3G, l’État veut s’assurer que les ascenseurs restent sécurisés.

La disparition progressive des réseaux mobiles 2G et 3G entre 2026 et 2029 pose un problème très concret pour certains équipements encore dépendants de ces technologies. En France, près de 290 000 ascenseurs utilisent toujours ces réseaux pour leurs systèmes de téléalarme, essentiels pour contacter un service d’assistance en cas de panne. Une problématique régulièrement soulevée par les professionnels du secteur.

Face à cet enjeu de sécurité, un décret a été publié au Journal officiel afin d’encadrer la transition et d’éviter que ces installations ne deviennent inopérantes avec l’extinction des anciens réseaux. Le texte vise à maintenir le niveau de sécurité des ascenseurs et à renforcer les obligations d’entretien et de contrôle technique, dans un contexte de disparition des réseaux de télécommunications de deuxième et troisième générations.

Plusieurs dispositions vont entrer en vigueur dès le 1er avril 2026. La première impose une vérification toutes les six semaines du bon fonctionnement des systèmes d’alerte et de communication permettant de contacter un service d’intervention. Cette obligation vise à s’assurer que les dispositifs restent opérationnels pendant la période de transition technologique.

Le décret prévoit également une obligation d’information renforcée. Les entreprises d’ascenseurs devront prévenir les propriétaires par lettre recommandée lorsque leurs installations risquent d’être affectées par l’arrêt des réseaux 2G ou 3G. Si des travaux de mise à niveau sont nécessaires, cette alerte devra être renouvelée au moins tous les six mois jusqu’à leur réalisation.

Des obligations nouvelles pour les propriétaires

Le texte introduit aussi de nouvelles obligations pour les propriétaires d’ascenseurs. Parmi les opérations d’entretien prévues par le Code de la construction et de l’habitation, ils devront désormais prévoir le remplacement des dispositifs d’alerte et de communication lorsque ceux-ci reposent sur le réseau téléphonique commuté ou sur un réseau mobile de troisième génération ou antérieur.

L’objectif est d’assurer la migration progressive de ces systèmes vers des technologies compatibles avec les réseaux actuels, notamment la 4G ou d’autres solutions de communication. Une autre évolution importante concerne le contrôle technique des ascenseurs.

À partir du 15 mai 2026, les contrôles obligatoires réalisés tous les cinq ans devront également vérifier que les moyens d’alerte et de communication sont compatibles avec des technologies autres que la 2G ou la 3G.

Cette mesure vise à anticiper les risques liés à l’arrêt de ces réseaux et à éviter que des ascenseurs se retrouvent immobilisés faute de système de téléalarme fonctionnel.

La transition reste cependant un défi pour le secteur, malgré des délais annoncés en amont. Selon la Fédération des ascenseurs, la modernisation du parc représente un chantier important. Sur les 650 000 ascenseurs que compte la France, environ 232 000 systèmes fonctionnent encore en 2G et 58 000 en 3G. Les professionnels alertent également sur les délais et la capacité du secteur à absorber ce volume de mises à niveau, alors que les interventions peuvent coûter entre 800 et 1 500 euros par ascenseur, voire davantage selon la complexité des installations.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox