Free, seul rempart au filtrage du Net ?

Free, seul rempart au filtrage du Net ?

Hadopi, Loppsi, des lois qui, sous couvert de protéger les bons citoyens, visent à instaurer un filtrage du Net. Ce principe va à l’encontre de la neutralité des réseaux qui assure à l’internaute l’accès à n’importe quel contenu depuis n’importe quel endroit, quel que soit l’opérateur. Il permet ainsi d’avoir le même Internet pour tous.

Si le gouvernement français tente par différents moyens de remettre en cause cette neutralité, il est appuyé dans sa démarche par certains opérateurs, qui choisissent les contenus auxquels leurs abonnés auront accès, en particulier dans l’Internet mobile. Le magazine Marianne (version papier) consacre ainsi un dossier à ce qui serait appelé de la censure dans d’autre pays mais que nos gouvernants nomment pudiquement « filtrage ». Dans ce contexte, le seul opérateur qui semble ne pas être d’accord avec cette vision des choses est Free, ainsi que l’indiquent les acteurs interrogés par Marianne. Extrait :

C’est le retour du Minitel, version 2.0, déplore Benjamin Bayart président de FDN, le plus vieux FAI français encore en activité. En France, parmi les opérateurs grand public, Free est le seul à venir du monde du réseau. Les autres viennent des télécoms. Ils maîtrisent parfaitement le modèle financier du Minitel Pas surprenant qu’ils cherchent à l’imposer au détriment d’Internet. » Le hic, c’est qu’avec le Minitel, « machine à cash » sans innovation, on n’aurait jamais vu éclore les services qui ont transformé notre façon de communiquer. L’enjeu de la quatrième licence 3G est donc crucial.

D’un côté, des opérateurs de téléphonie mobile, avec une vision très « personnelle » d’Internet, qui sont tous présents en ADSL et attendent le moment opportun pour dépecer le réseau. De l’autre, Xavier Niel, actionnaire majoritaire de Free, qui, après l’ADSL, cherche un nouveau relais de croissance. « Les opérateurs en veulent beau coup à Free, explique Edouard Barreiro.

Ils lui reprochent de les avoir empêchés de faire des marges de 45 %. Free se contentant de 15 %, ce qui est déjà bien, les autres ont dû s’aligner sur ses tarifs. Du coup, ils n’ont qu’une peur : qu’il fasse la même chose dans le mobile.»

Pourtant, en tirant le marché, Free a fait de l’offre ADSL française une des meilleures de l’OCDE. On ne peut pas dire autant de l’offre mobile, sans doute l’une des pires d’Europe. « Le marché du mobile n’est absolument pas concurrentiel, il y a trop de contraintes pour un nouvel entrant. Ce qui joue fatalement sur la neutralité du réseau, car les opérateurs parviennent à s’entendre pour fournir une offre Internet segmentée, estime Benjamin Bayart En soi, l’arrivée éventuelle d’un quatrième opérateur ne garantit pas l’ouverture de la concurrence. S’ils parviennent à discuter, ils se partageront le gâteau à quatre. »

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cet article dans la version papier de Marianne