Piratage des contenus sportifs : l’Assemblée prend le problème à bras-le-corps

Piratage des contenus sportifs : l’Assemblée prend le problème à bras-le-corps

La lutte contre le piratage des contenus sportifs revient au premier plan pour l’Assemblée après avoir été laissée en suspend pendant un an à cause de la pandémie.

Cette semaine, la chambre des députés étudie en séances publiques une proposition de loi LREM dans le domaine du sport. Un volet de cette loi est consacré notamment à la lutte contre les diffusions illicites des contenus sportifs.

Cette loi a pour but de durcir les sanctions déjà en application. Pour résumer, les ayant droits et chaînes de télévision pourront engager des poursuites judiciaires “dynamiques” pour obtenir “le blocage, le retrait ou le déréférencement des sites retransmettant illégalement une compétition sportive diffusée en direct”, comme le précise l’article 10 de la proposition de loi. Le pouvoir judiciaire “pourra ordonner le blocage de sites contrefaisants pour toute la durée d’une compétition, dans la limite de douze mois”. Le streaming illégal est en pleine explosion ces dernières années, et l’HADOPI estime au nombre de 3 millions les personnes regardant des contenus sportifs pirates. Les moyens pour y accéder sont de plus en plus nombreux à cause de la multitude de sites de streaming illégaux et les boitiers IPTV donnant l’accès à de nombreuses chaînes payantes, dont les sportives, contre un montant d’une cinquantaine d’euros.

Le streaming illégal est en hausse de 28% comparé à l’année dernière. Cette augmentation est due à la multiplication d’abonnements et au changement de diffuseurs tous les quatre ans. Les téléspectateurs se tournent donc vers la simplicité qu’offre le piratage.

Cependant, ces pratiques sont lourdes de conséquences au niveau financier pour les diffuseurs et les détenteurs de droits. Ces derniers annoncent une perte de 500 millions d’euros. La Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet, elle, évoque une perte d’une centaine de millions d’euros.

Le football français étant le sport le plus piraté, la sonnette d’alarme retentit. Son financement vient principalement de la revente des droits TV. Malheureusement, la valeur de ces derniers est revue à la baisse du fait des nombreux streamings illégaux.

Source : Le Figaro