Rachat du premier MVNO français : Bouygues Telecom obtient le feu vert sous conditions

Rachat du premier MVNO français : Bouygues Telecom obtient le feu vert sous conditions

Bouygues Telecom obtient le feu vert de l’autorité de la concurrence pour le rachat d’Euro Information Telecom, numéro 5 du mobile en France. Un aval toutefois obtenu “sous conditions”.

En juin dernier, Bouygues Telecom indiquait être entré en négociations exclusives pour le rachat d’Euro Information Telecom (EIT), filiale du groupe bancaire CIC-Crédit Mutuel spécialisée dans les services de téléphonie mobile opérant à travers des marques telles qu’Auchan Telcom, Cdiscount Mobile, CIC Mobile, Crédit Mutuel Mobile ou NRJ Mobile. Le telco comptait avoir bouclé cette acquisition pour la fin de l’année et vient d’ailleurs d’obtenir le feu vert de l’autorité de la concurrence.

Un feu vert sous conditions

Notifiée le 23 octobre, l’autorité de la concurrence indique en effet dans un communiqué publié ce mardi autoriser “sous conditions la prise de contrôle exclusif, par le groupe Bouygues Telecom, d’Euro Information Telecom”.

Après un examen approfondi basé sur les pièces fournies, une audition des acteurs et des échanges avec le régulateur, l’autorité administrative indique avoir “écarté tout risque d’atteinte à la concurrence sur le marché de la distribution de produits et de services de téléphonie mobile”.

Elle souligne en revanche “que l’opération était de nature à porter atteinte à la concurrence sur le marché de l’offre de gros et a par conséquent subordonné son autorisation à des engagements de la part de Bouygues Telecom”. Elle indique avoir “identifié un risque de disparition de l’offre proposée par EIT auprès de certains opérateurs virtuels, entraînant, notamment, un risque de verrouillage de l’accès à ce marché pour ces opérateurs”. Et de souligner : “afin de répondre à cette préoccupation, Bouygues Telecom a souscrit des engagements visant à assurer, à l’issue de l’opération, le maintien d’une offre de gros équivalente à l’offre actuelle d’EIT”.

L’autorité administrative replace le contexte de ce feu vert sous conditions : “les parties sont simultanément présentes sur les marchés de gros de l’accès et du départ d’appel sur les réseaux téléphoniques mobiles et sur les marchés de la distribution des produits et des services de téléphonie mobile”. Au-delà des offres connues du grand public, EIT exerce “une activité dite d’agrégateur, ou d’intermédiaire sur le marché de gros : il commercialise le temps de communication obtenu auprès de SFR, Orange et Bouygues Télécom, auprès d’autres opérateurs virtuels de téléphonie mobile pour leurs activités de services de téléphonie mobile fournies principalement à des entreprises.”

Une acquisition pouvant aller jusqu’à 855 millions d’euros

En juin, Bouygues Telecom parlait d’un rachat du premier MVNO français, dont le montant pouvait atteindre les 855 millions d’euros. Selon l’opérateur, “le prix d’acquisition comprend une part fixe de 530 millions d’euros payable au closing et une part complémentaire comprise entre 140 et 325 millions d’euros, conditionnée à l’atteinte de critères de performance économique et payable sur plusieurs années”. L’opération doit permettre à Bouygues Telecom de s’emparer des 2 millions d’abonnés revendiqués par EI Telecom, mais aussi de renforcer son réseau de distribution avec la possibilité de commercialiser ses offres dans les 4 200 agences bancaires du groupe CIC/Crédit Mutuel.