beIN Sports veut éviter une explosion du piratage pendant la Coupe du monde 2026. La chaîne a assigné les principaux opérateurs français pour obtenir un blocage massif et rapide des plateformes de streaming illégal, avec en ligne de mire une nouvelle arme : le blocage IP.
À moins d’un mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, beIN Sports prépare déjà sa défense contre le streaming illégal. Selon des informations de L’Informé, la chaîne sportive a lancé une vaste offensive judiciaire contre les principaux fournisseurs d’accès à Internet français afin d’obtenir le blocage préventif de sites pirates avant même le début de la compétition.
Du 11 juin au 19 juillet 2026, beIN Sports diffusera l’intégralité des 104 matchs du Mondial organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Un événement colossal… et une cible de choix pour les plateformes de streaming illégal.
Début mai, la chaîne franco-qatarienne a assigné devant le tribunal judiciaire de Paris les principaux opérateurs français : Orange, Free, Bouygues Telecom, SFR, mais aussi plusieurs fournisseurs d’accès présents dans les territoires ultramarins.
L’objectif est double : faire bloquer immédiatement cinq sites déjà identifiés pour des retransmissions illégales de compétitions sportives, mais surtout obtenir un mécanisme de blocage “dynamique” permettant de couper rapidement l’accès à toutes les nouvelles adresses qui apparaîtraient pendant la compétition. Dans son assignation, beIN Sports estime qu’attendre le début du tournoi serait inefficace, car une décision judiciaire classique arriverait probablement après la fin de la Coupe du monde.
Pour appuyer sa demande, beIN Sports s’appuie sur plusieurs constats réalisés par huissier ainsi que sur des analyses de la société française Trident Media Guard (TMG), spécialisée dans la lutte contre le piratage. Les cinq sites visés auraient déjà diffusé illégalement des matchs de Bundesliga et de Liga, dont beIN détient également les droits en France. Selon la chaîne, les demandes de retrait envoyées à ces plateformes se sont révélées inefficaces. La chaîne demande donc l’application de l’article L333-10 du Code du sport, un dispositif juridique spécifiquement conçu pour lutter contre les retransmissions sportives illégales.
Cette Coupe du monde pourrait aussi marquer un tournant technique dans la lutte antipiratage en France.
Jusqu’à présent, les blocages concernaient principalement les noms de domaine des sites pirates. Désormais, les ayants droit veulent aller plus loin avec le blocage IP, déjà utilisé dans plusieurs pays européens comme l’Italie, l’Espagne ou le Royaume-Uni. Concrètement, il ne s’agit plus seulement de bloquer l’adresse d’un site, mais directement les serveurs techniques hébergeant les flux IPTV pirates. Un premier test doit avoir lieu dès Roland-Garros avec une dizaine d’adresses IP bloquées. Mais la Coupe du monde servira de véritable test grandeur nature, avec un déploiement bien plus massif.
À terme, le secteur sportif espère pouvoir bloquer jusqu’à 10 000 adresses IP simultanément.
Le dispositif pourrait encore être renforcé dans les prochains mois grâce à une proposition de loi sur le sport professionnel actuellement en cours d’adoption. Le texte prévoit notamment de simplifier les procédures de blocage en permettant aux chaînes et aux fédérations sportives de transmettre directement des listes d’adresses IP et de noms de domaine aux opérateurs et aux intermédiaires techniques, sans passer systématiquement par l’Arcom. Cela pourrait concerner non seulement les FAI, mais aussi les fournisseurs de DNS alternatifs comme Cloudflare, Google DNS ou Cisco OpenDNS, ainsi que certains services VPN comme NordVPN, Proton VPN, CyberGhost ou ExpressVPN.
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