Pour une fois les opérateurs ne se mettent pas de bâtons dans les roues dans le cadre de la fermeture du réseau cuivre.
La fermeture progressive du réseau cuivre et la bascule vers la fibre optique franchissent une nouvelle étape en France. À l’occasion du passage d’Ajaccio au 100 % fibre, l’Arcep dresse un premier bilan qu’elle juge encourageant. Pour le régulateur, cette transition d’ampleur se déroule correctement, portée par un alignement inédit des opérateurs télécoms.
Ajaccio est devenue il y a quelques jours la première grande ville française à abandonner totalement l’ADSL, dans le cadre du lot 2 du programme de fermeture du cuivre. Cette vague concerne plus de 760 communes supplémentaires. Une opération suivie de près par l’Arcep, dont la présidente, Laure de La Raudière, s’est rendue sur place pour observer le déroulement de la bascule.
Du point de vue du régulateur, les premiers retours sont rassurants, assure la présidente au micro de Clubic. Le lot 1, fermé en 2024, concernait 163 communes et environ 180 000 locaux. Selon Laure de La Raudière, aucune réclamation n’a été remontée ni auprès de l’Arcep ni auprès des opérateurs. Un signal fort, alors que la fermeture du cuivre constitue un chantier inédit par son ampleur.
La présidente de l’Arcep est consciente toutefois que le lot 2 change d’échelle, avec près de 900 000 accès cuivre désormais fermés techniquement. Le bilan définitif interviendra plus tard, mais les indicateurs actuels confirment, selon elle, que la méthode fonctionne.
Si la transition se déroule correctement, c’est aussi, selon l’Arcep, grâce à un rare alignement des intérêts économiques. Tous les grands opérateurs ont investi massivement dans la fibre et ont désormais intérêt à accélérer l’extinction du réseau cuivre, devenu coûteux et de moins en moins utilisé.
« Il y a un intérêt partagé à ce que ça se passe bien », résume Laure de La Raudière. Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom avancent dans le même sens, ce qui facilite la coordination et limite les frictions habituellement observées dans le secteur.
Interrogée sur la situation d’XpFibre, autre acteur majeur des infrastructures, la présidente de l’Arcep se veut ferme. Quelle que soit l’évolution de son actionnariat, les obligations réglementaires restent identiques, explique-t-elle. Le régulateur exercera la même vigilance afin de garantir la continuité et la qualité du service.
Pour l’Arcep, la fermeture de l’ADSL constitue l’un des grands chantiers d’infrastructures du début du siècle. Si les premiers résultats sont encourageants, le régulateur rappelle que le plus complexe reste à venir, à mesure que la bascule touchera des zones toujours plus peuplées.
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