Pour Thomas Reynaud, directeur général d’Iliad, accélérer les procédures devient un impératif si l’Europe veut réellement bâtir sa souveraineté numérique et ne pas rester dépendante des infrastructures étrangères.
La souveraineté numérique européenne n’est plus un slogan mais une condition de survie économique. C’est le message martelé par Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad, lors du sommet IMA de la souveraineté organisé à Bercy le 20 janvier, rapporte Zdnet. Défendue par l’opérateur dès 2016, cette vision longtemps marginalisée s’impose désormais comme une nécessité stratégique face aux dépendances technologiques extra-européennes.
Pour le dirigeant, réduire la souveraineté à une simple question d’infrastructures serait une erreur. Elle touche à la capacité de l’Europe à préserver son modèle économique et sociétal, dans un contexte géopolitique où un décret américain peut, par exemple, restreindre l’accès aux GPU indispensables à l’intelligence artificielle. Une vulnérabilité que subissent directement les entreprises européennes.
Au-delà de la nécessité d’une action politique mieux coordonnée au niveau européen, plusieurs problématiques ont été abordées, notamment la lourdeur administrative française, Iliad met d’ailleurs à ce propos en exergue un chiffre très parlant : un projet de datacenter représentant 2 milliards d’investissement peut nécessiter jusqu’à trois ans pour obtenir les autorisations nécessaires. Une situation qu’il attribue notamment à la surtransposition du droit européen, qui allonge considérablement des procédures pourtant standardisées à l’échelle de l’UE, au détriment du time-to-market et de la compétitivité française.
Cette critique pourrait aujourd’hui trouver un autre écho dans l’actualité industrielle du groupe. Via sa filiale OpCore, Iliad est entrée en novembre dernier en négociations exclusives avec EDF pour développer un centre de données géant sur le site de l’ancienne centrale thermique de Montereau-Vallée-de-la-Seine. Estimé à environ 4 milliards d’euros, ce projet de plusieurs centaines de mégawatts ambitionne de créer l’un des centres de calcul les plus puissants d’Europe, au service notamment de l’intelligence artificielle.
Une première mise en service est évoquée à l’horizon 2027, rendue possible par un dispositif de raccordement « fast-track » mis en place par l’État. Un calendrier qui peut illustrer la réalité des délais administratifs dénoncés par Iliad. En face, les États-Unis peuvent valider en moins d’un an un centre de données pourtant alimenté par des turbines à gaz.
Pour Thomas Reynaud, l’enjeu dépasse le seul cas d’OpCore, sans accélération des procédures, l’Europe risque selon lui de rester dépendante d’infrastructures étrangères pour son avenir numérique. Iliad affirme agir concrètement, en finançant chaque année plusieurs centaines de startups et en investissant massivement dans les réseaux et les datacenters, via notamment sa filiale cloud Scaleway. L’objectif : proposer une alternative européenne dont les données échappent aux législations extraterritoriales comme le Cloud Act américain.
Chaque opérateur propose une carte de couverture mobile pour connaître l'état et le déploiement de…
Incluse uniquement chez Free dans l'offre Freebox Ultra, Canal+ La Chaîne reste accessible par ailleurs…
Le faux numéro d’opposition bancaire, une arnaque discrète mais redoutable. Les arnaques au faux numéro…
Intersport lourdement sanctionné pour revente de données personnelles à des fins publicitaires. La Commission nationale…
Selon le nouveau baromètre nPerf consacré aux performances mobiles à La Réunion, Free Mobile ferme…
En fin de semaine dernière, l'opérateur a réglé un souci touchant des abonnés utilisant le…