La sécurité de la 5G pose problème aux services de renseignement

La sécurité de la 5G pose problème aux services de renseignement

La 5G ne suscite pas seulement des inquiétudes chez les anti-ondes et les écologistes. La nouvelle génération de téléphonie mobile pose aussi problème aux renseignements français à cause de sa sécurité renforcée.

Dans le cadre de leurs missions de surveillance pour lutter contre le terrorisme et le grand banditisme, les services de renseignements ont régulièrement recours à des dispositifs de type IMSI Catcher. Au nombre de 60, et reparties entre la sécurité intérieure (35), la défense (20) et les douanes (5), ces fausses antennes-relais permettent d’identifier et localiser les personnes, de savoir avec qui elles communiquent et quand, mais également d’intercepter les communications. Elles ont été utilisées 13 749 fois au cours de l’année 2019.

Avec la 5G, la chose s’annonce un peu plus compliquée, en raison d’une sécurité renforcée. L’IMSI (International Mobile Subscriber Identity), le numéro qui permet d’identifier l’abonné sur un réseau mobile, n’est plus fixe comme avec la 3G ou la 4G. La 5G génère en effet des identités éphémères, ce qui rend inopérants les dispositifs de IMSI Catcher et compromet le travail des services de renseignements.

Comme l’indique le sénateur LR Christian Cambon, président de la délégation parlementaire au renseignement, la problématique fait aujourd’hui l’objet d’un groupe de travail. L’une des pistes serait de faire appel aux opérateurs, ce qui impliquerait alors de les mettre au courant des personnes surveillées. D’où le fait qu’elle soit écartée. Une autre consisterait à exploiter une faille dévoilée par des chercheurs en sécurité des réseaux pour forcer la connexion en 3G. Jean-Michel Mis, corapporteur de la loi de 2015 relative au renseignement et député LREM de la Loire, explique que “la 5G oblige à adopter de nouvelles méthodes qui ne sont aujourd’hui pas encadrées légalement”. Il s’agit donc d’attendre les propositions pour en débattre et faire évoluer les textes de loi.

Source : L’Express